Dossier – Man of Style : les dessous du costume

  • Par kjhg

Note de l’équipe : pour inaugurer le lancement via le forum de la partie « Contribution », nous vous proposons de découvrir aujourd’hui ce dossier rédigé par un de nos lecteurs, Ryez, qui a fourni un sacré boulot consacré au costume de Superman dans le film Man Of Steel. Alors que le nouveau costume pour Batman v Superman vient d’être révélé, ce dossier « coulisses » du costume vous permettra d’en apprendre plus sur sa complexe réalisation !


J’ai réalisé ce dossier pour expliquer toute l’historique du costume de Man of Steel, de la genèse du costume et le début de sa création artistique (aux planches à dessin) en passant par les différentes sources d’inspiration du costume, jusqu’aux ateliers de conception et fabrication ainsi que les différents studios ayant travaillé dessus, mais aussi les artistes, concepteurs, sculpteurs et costume designers (avec des photos témoins des moments clés de la conception du costume, et également des photos d’exemples pour expliquer chaque particularité du costume). Mais surtout je vais expliquer les méthodes de fabrication du costume, les matières qui le composent, à quoi servent-elles, comment, et pourquoi ont-elles été choisies, car le costume est beaucoup plus technique qu’il n’y parait. Ce n’est pas un simple costume, il y a une véritable innovation technique mais surtout créative dans son élaboration et sa conception, ce qui en fait une pièce unique par rapport à tous les autres costumes de films de Super Héros.

Aucune de ces informations n’ont été publiées dans l’artbook officiel du film, et la plupart n’ont pas été mentionnées en interview (surtout tout ce qui concerne la confection), c’est en interrogeant directement certains artistes ou artisans qui ont travaillé sur le costume mais aussi grâce à des témoignages que j’ai pu récolter bon nombre d’informations inédites sur le costume et même certains « scoops ».

Par-dessus tout, le voile sera levé sur « le secret » du costume de Man of Steel, et sa particularité spécifique qui lui donne son aspect métallique, fruit du travail des créatifs et de l’ingéniosité de Michael Wilkinson qui a créé le costume de Superman le plus poussé à ce jour au cinéma et dans la réalité.

J’ai synthétisé le plus possible (notamment en évitant de citer des dates ou une chronologie exacte, surtout que ce n’est pas le plus important), par ailleurs j’aimerais également préciser que si jamais dans un avenir proche/lointain il y a des nouvelles informations concernant le costume (du premier film je précise), et bien ce dossier sera mis à jour pour y rajouter les informations complémentaires, de même si jamais il y avait des corrections à apporter.

Un conseil, si vous voulez vraiment comprendre les particularités du Costume, il faut lire le dossier en entier et dans l’ordre.


Genèse du Costume

« Des Ateliers à la Forteresse de Solitude »

Michael Wilkinson est un collaborateur de longue date de Zack Snyder. Il a déjà travaillé avec lui notamment sur « 300 », « Watchmen » et « Sucker Punch ». À l’origine c’est James Acheson (célèbre costume designer du Spider Man de Sam Raimi), qui a développé le costume car Michael Wilkinson était encore en cours de travail sur un autre projet. Aux premiers stades de développement James Acheson a travaillé avec les Concept Design qui ont créés/dessinés les costumes, en particulier avec Warren Manser (illustrateur) qui a dessiné le costume. Il y a eu des centaines de versions différentes avant d’arriver au résultat final :

Au fur et à mesure que les différentes propositions d’illustrations de costumes avançaient le « shorty » était de plus en plus discret (et de plus en plus petit) jusqu’à totalement disparaître du costume. Il faut savoir que c’était une demande de Warner Bros et que Zack Snyder a tenté de proposer des versions avec le shorty, mais aucune version n’étant assez aboutie, la décision de le retirer était donc la seule solution.

À partir de là, le relais a été confié aux concepteurs designers de « Alliance Studios », sous le direction de Jabbar Raisani qui a rassemblé la même équipe qui avait travaillé sur Iron Man (pour Stan Winston), composée d’Eddy Yang, sculpteur (qui a notamment travaillé sur Predator, le projet de « Superman Fly By » Iron Man, Avengers, TDKR), Paul Wagonner, Mahito Mistubushi, et Simon Halpern.La tâche qui leur a été confiée était de modeler/sculpter toutes les sérigraphies du costume de Superman, mais aussi les « moulures » qui sont toutes les parties en volume présentes sur le costumes, à savoir les poignets, les bras (sur la première version du costume les poignets allaient jusqu’aux coudes), les dorsaux, les cuisses, le haut des bottes (le revers en « M »), les semelles, la ceinture, la boucle de ceinture, le blason « S » et le blason de la cape (sur la première version du costume il y avait un « S » prévu sur la cape).Dans un premier temps, il fallait trouver la bonne épaisseur des moulures pour trouver le bon équilibre (sur les artworks elles peuvent paraîtres plates, mais dans la réalité il fallait leur donner du volume et du relief), puis a débuté la modélisation de chaque pièce.

Modélisation en 3D des moulures :

L’équipe a pu travailler à partir d’un moule du corps d’Henry Cavill pour modéliser en 3D des sculptures les plus fidèles au gabarit de son corps.Puis les différents éléments ont été imprimés via une imprimante 3D dans des matières résistantes pour pouvoir résister aux différentes étapes que nécessiteront le futur tournage (plus tard Alliance Studio réalisera le même travail pour les costumes de Faora, Zod, et Jax-Ur). Eddie Yang a déclaré que les éléments qui ont été les plus difficiles à concevoir sont la boucle de ceinture et le blason « S » puisqu’ils devaient se poser sur le spandex du costume donc par-dessus les motifs de celui-ci. Il a précisé également qu’ils prévoyaient à l’origine de sculpter manuellement les motifs des éléments de sérigraphie, mais qu’ils étaient tellement complexes à faire que l’impression 3D a été préférée.Les différentes moulures ont ensuite été livrées au studio Frontline qui a la charge du montage des pièces sur « la côte de maille » conçue par les équipes de Michael Wilkinson.

Les artisans qui montent les moulures :

Parallèlement, Michael Wilkinson est arrivé sur le projet pour prendre la relève ; avec ses équipes et Zack Snyder ils ont examiné toutes les variations de Superman ainsi que son univers présenté pendant les 75 dernières années, mais également pour voir si des idées n’avaient pas été inexplorées.

Il y a également le « S » sur la cape qui a été retiré. Des essais ont été faits avec le «S» sur la cape, mais cela ajoutait beaucoup de difficultés aux futurs effets spéciaux pour animer la cape en CGI (Dans Superman Returns en 2006, le « S » est aussi absent de la cape pour les mêmes raisons). Par ailleurs Michael Wilkinson a précisé que visuellement le flux dramatique et la force de la cape rouge étaient rompus par le « S », et que la cape trouvait plus de force sans. Il fallait également que le « S » puisse être une force singulière absolue, donc visible uniquement sur la poitrine de Superman pour renforcer son symbole.

Les poignets ont également été modifiés : sur le premier prototype elles arrivaient jusqu’aux coudes, les éléments des cuisses passaient également par l’extérieur de la cuisse mais aussi l’intérieur (ça chargeait beaucoup trop les jambes), de même qu’une ligne verticale passait de la boucle de la ceinture jusqu’au blason « S » :

Il y a eu au total 14 combinaisons de fabriquées. Certaines d’entre-elles avaient des fabrications différentes en raison d’éléments scénaristiques (comme le fameux « Black Suit » que porte Superman pendant le cauchemar face à Zod), mais aussi différents costumes avec des degrés de rembourrage différents selon le besoin de certaines scènes. Notamment les costumes portés pour tourner les scènes de vol, dont les épaules étaient moins rembourrées (de sorte à ce que Henry Cavill puisse étirer ses bras dans la position de vol emblématique). Mais la plupart des exemplaires multiples ont été créés pour faire face à l’usure et aux déchirures tout au long du tournage ainsi que les nombreuses scènes de cascades.

Il y avait également plusieurs longueurs de cape différentes : en général c’est surtout pour pouvoir réaliser certaines scènes de vol (tout comme ça été le cas en 2005 pour Superman Returns), mais aussi en fonction du type de scène à tourner, du terrain, du décor, ou de l’apparence souhaitée (de Superman) selon chaque scène (le rendu n’est pas le même si Superman est filmé de dos ou s’il est filmé avec le vent qui souffle et donc une cape en mouvement).

Les principales influences de Michael Wilkinson ont été le film de Richard Donner, les Graphic Novel de Frank Miller, et le travail d’Alex Ross. Cependant, pour tous les personnages, le processus de création est quand même parti de zéro, afin de créer des costumes qui convenaient à la vision de Zack Snyder et son univers ainsi que par rapport au script du film pour présenter un Superman moderne du 21 ème siècle. C’est aussi pour cette raison que des couleurs moins vives ont été préférées pour être en corrélation avec notre époque. C’est donc un Bleu Royal Métallique qui sert de coloris principal au costume, un doré a été préféré au jaune, et le rouge est tantôt vif et tantôt écarlate. Même si dans le contexte du film une désaturation des couleurs a été utilisée par Zack Snyder pour donner un ton réaliste, cependant il faut savoir que dans la réalité les couleurs du costume sont beaucoup plus vives que dans le film et globalement les couleurs se rapprochent beaucoup des couleurs du costume dans les comics.

« Modelisation 3D du Costume de Superman » (modèle pour la confection et les Effets Spéciaux)


La conception du Costume (les 3 couches)

Le costume de Man of Steel est composé de 3 couches, et les 2 premières couches sont extrêmement importantes.

1 – La première couche est le « Muscle Suit » ou « Undersuit Muscle »

C’est une couche qu’enfile Henry Cavill, une sorte de « maillot de corps » en mousse de latex qui elle-même a été à l’origine moulée à partir de son corps, donc de ses mensurations, mais dont le but était de redessiner tout son tracé musculaire et l’amplifier. La démarche est que sa musculation puisse se voir au travers du costume, puisque le tissu aplatit la musculature. C’est donc une étape primordiale pour restituer la musculature d’Henry une fois le costume porté, la même technique était utilisée pour le costume du Spider Man de Raimi, et le Superman de Bryan Singer. Surtout que le costume de Spider Man a été confectionné par James Acheson et que c’est lui qui a commencé le travail sur le costume de Man of Steel (terminé par Michael Wilkinson). Le Muscle Suit représente environ 1 pouce de volume en plus par rapport au gabarit musculaire d’Henry Cavill (en particulier les zones de plis et de volume musculaire car c’est celles-ci que le justaucorps aplatit, surtout les interstices des muscles). Ont par exemple été sculptés dessus même des veines pour qu’elles puissent apparaître au travers du costume une fois qu’il est porté (pour plus de réalisme).

Le Muscle Suit a une particularité très spéciale c’est qu’il contient des zones en métal chromé ; cette particularité est extrêmement importante dans la réussite du costume et fait partie d’un des secrets du costume de Man of Steel, sur lequel je reviendrai plus tard.

Voici le moule du corps d’Henry Cavill, dont la musculature a été retracée/sculptée :

À partir de ce moule (dur), le « Muscle Suit » a été moulé en mousse de latex (pour qu’Henry Cavill puisse l’enfiler), et comme on peut le voir, certaines parties sont totalement chromées tandis que d’autres sont totalement noires. Il y a une raison très particulière à cela, et je l’expliquerai là aussi plus tard.

Voici le « Muscle Suit »

2 – La seconde couche est ce qu’appelle Michael Wilkinson « la maille » (ou le maillage)

Tout simplement car cette couche ressemble à une sorte de maille (ou cotte de maille). C’est tout l’uniforme bleu qu’enfile Henry Cavill (au-dessus du Muscle suit). Cette maille a été confectionnée avec des techniques extrêmement modernes, puisqu’il s’agit ici d’impression textile, en gros les formes qu’on voit sur la maille ici :

Ces Glyphes ont été directement imprimés sur la maille et sont brillants. Le but est qu’ils puissent refléter la lumière, pour donner cet aspect métallique granuleux au costume (du moins elles participent à cet effet).La maille dispose d’une ouverture/fermeture zippée dans le dos au centre pour pouvoir être enfilée (partie qu’on ne voit jamais car recouverte par la cape, mais même quand la cape n’est pas portée le zip est discrètement caché sous la moulure dorsale en latex).

Il y a également des zip au niveau des poignées mais elles sont également invisibles car recouvertes par les « bracelets » (en latex) que porte Henry Cavill aux poignets.La maille est faite d’une matière particulière et est extrêmement spéciale dans la réussite du costume, de part une particularité qu’elle a – que j’expliquerai dans le prochain chapitre du dossier («III – Les secrets du costume »).

3 – La 3 ème couche sont les « moulures » (je les appelle ainsi car elles ne portent pas de nom officiellement)

Dossier – Man of Style : les dessous du costume

Ce sont toutes les parties en latex bleu/gris foncé posées sur la maille et censées restituer une sorte d’effet métallique et d’acier : il s’agit des tracés des cuisses, des hanches (qui font aussi le tour du dorsal), du ventre (la boucle dorée), les poignets et enfin le blason « S ». Elles sont collées à même la maille et lorsqu’Henry a enfilé le « Muscle Suit », et qu’il enfile ensuite « la Maille » celle-ci est déjà munie de l’ensemble des moulures. Les moulures ont la particularité d’être plus brillantes (et plus foncées) que les sérigraphies de la maille, afin qu’elles soient plus visibles, plus en volume, et qu’elles donnent d’avantage un aspect de matière métallique par rapport aux sérigraphies de la maille. L’effet souhaité d’un point de vue artistique est que celle-ci donne au costume une impression d’armure, et donc de costume Alien (avancé). Elles sont recouvertes de ce qui semble être un genre de vernis (ou de peinture à effet métallique).

Voici le costume totalement assemblé dans les Ateliers de Frontline :

Il faut environ 15 minutes à Henry Cavill pour s’habiller à la totalité du costume et avec l’aide d’une dizaine de personnes :

Il fallait autant de temps à Brandon Routh pour mettre le costume de Superman Returns, la difficulté ne vient pas de la sous couche en Latex, mais surtout de la couche supérieure à savoir le justaucorps extrêmement moulant qu’il faut prendre le temps de « démouler » pour pouvoir y glisser dedans chaque partie du corps, de la même manière qu’il est difficile d’enfiler un gant en latex.

Le costume de par son épaisseur a les mêmes particularités que le costume de « Superman Returns » (qui lui était pourtant en Miliskin), à savoir que s’il fait trop chaud à l’extérieur, le costume est suffoquant et on peut rapidement y suer à l’intérieur, de même que s’il fait froid à l’extérieur, on a très froid à cause de l’épaisseur fine du costume (qui n’est à l’origine pas créé pour être isolant). Cependant le costume étant fait à partir d’un moule du corps d’Henry Cavill, est censé apporter au moins le meilleur confort possible en termes de mouvements pour pouvoir jouer dedans et avec, Henry Cavill disait que le costume était très confortable.


Man of Steel : Secret du costume

La transparence

Comme je l’ai évoqué précédemment, le costume de Man of Steel a une particularité spécifique créée et voulue par Michael Wilkinson et Zack Snyder, qui était de donner au costume une impression de matière moulante mais à la fois brillante et métallique. Toute cette entreprise se fait grâce à la « Maille » et son effet granuleux perceptible à l’écran (et donc à l’œil nu) à l’aide entre autre des sérigraphies imprimées dans la Maille mais pas seulement. Puisque cet effet métallique se fait naturellement sans aucune retouche numérique, ni même sans aucun filtre spécifique en post production. L’effet métallique du costume est visible en vrai en voyant le costume dans la réalité devant soi, c’est là le secret du costume de Man of Steel. Comme expliqué antérieurement dans la partie «Conception/les 3 couches» on doit cet effet métallique au « Muscle Suit », mais surtout à la « Maille » et la matière très particulière et unique dans laquelle elle est faite. À première vue il semble simplement s’agir d’un costume brillant bleu foncé sur lequel se reflète la lumière, mais en réalité c’est beaucoup plus compliqué que ça et c’est l’ingéniosité et la parfaite maîtrise du textile et des matières par Michael Wilkison à qui l’on doit cette prouesse technique (que peu de costumes de super-héros ont réussi à atteindre jusqu’à aujourd’hui si ce n’est aucun), qui fait ici un parfait étalage de sa capacité à concevoir et composer avec les matières afin de créer quelque chose d’unique à l’écran, mais aussi dans la réalité.

C’est la parfaite alchimie de ces 2 couches, le « Muscle Suit » et « La maille » qui en se mélangeant et en se superposant donnent l’effet métallique unique du costume de Man of Steel.

Quelle est cette matière ?

Il s’agit d’une base d’Elasthanne 4-Way mais pas sous une forme standard : la version du costume a été créée par les Ateliers de Michael Wilkinson et dont seul le staff a la composition exacte. L’Elasthanne est une fibre synthétique réputée pour son élasticité, elle est notamment utilisée dans le domaine sportif, en particulier pour les maillots de bain, les justaucorps et collants de danse ou de gymnastique, les combinaisons de ski, de patinage ou de bobsleigh, les shorts de cyclistes ou de coureurs à pied, les gants, etc.

Parmi les avantages notables de l’élasthanne, on retrouve les caractéristiques suivantes :

Ce sont ici toutes les propriétés visibles de base du justaucorps du costume quand on le voit sur le corps d’Henry Cavill et c’est ce qui permet notamment de parfaitement mouler sa base musculaire restituée sur le « Muscle Suit », mais ce type de propriété beaucoup d’autres costumes l’ont (même d’autres films comme le costume des films de Spider-Man), puisqu’il s’agit ici des propriétées d’un Spandex 4 Way classique.

Et c’est là qu’intervient ainsi la capacité de transparence « secrète » du costume de Man of Steel, quelle est donc cette matière unique (venant de Krypton) ?

Il faut savoir que la plupart des versions du costume qui ont été exposées à ce jour dans le monde (magasin, cinéma, expo, etc) l’ont souvent toutes été soit dans des caissons de verre, soit derrière des cordages de sécurité, il était donc impossible de s’approcher du costume ou de le toucher. Mais même le toucher ne suffirait pas, car aux premiers abords le costume ne délivre aucun secret même au toucher. La seule solution est de pouvoir toucher et surtout glisser la main sous la « Maille » a des endroits précis du costume pour découvrir ce qui le rend si unique. Un fan avec qui j’ai pu échanger a eu la chance de voir le costume dans les ateliers de Warner Bros Studios et cela sans aucune restriction en termes de proximité, il s’agissait d’une version originale portée par Henry Cavill.

Le costume dans l’atelier de Warner Bros :

En voyant donc le costume de très très près il a pu voir en détail certaines de ses spécificités pourtant invisibles à l’écran ou en photo, et ça été donc un choc de réaliser que certaines parties de la « Maille » sont tout simplement transparentes et translucides. MAIS pas que ! En réalité la plupart du « Muscle Suit » que porte Henry sous la « Maille » est noir et opaque donc il ne laisse filtrer aucune transparence, OR justement le secret de cet effet métallique que donne le costume vient des parties chromées du « Muscle Suit », que la Maille laisse transparaitre au travers du Spandex.

En somme, comme le « Muscle Suit » contient des parties chromées, en fonction de l’emplacement de la lumière qui se trouve autour, celui-ci va donc réfléchir la lumière qui elle passe à travers « La Maille », donc par défaut laisse transparaître à travers « la maille bleue »le reflet de la lumière qui tape sur les parties chromées du « Muscle Suit ». Et c’est ce qui donne cet effet « Metallique » au costume en vrai même à l’œil nu ! De plus les « sérigraphies » imprimées dans la maille étant elles aussi brillantes, amplifient également la réflexion de la lumière (des parties chromées) et tendent à donner au costume son effet Métallique, de là à dire que le costume est en métal, il n’y a qu’un pas, il l’est réellement.

Le plus ingénieux, c’est que le « Muscle Suit » a ses parties chromées à des points stratégiques (prévues par Michael Wilkinson) qui sont tous les points forts de la musculature d’Henry Cavill mais également toutes les interstices musculaires. Il suffit donc de bouger d’angle (même de quelques centimètres), pour que le costume brille à certains endroits et pas à d’autres. Il réfléchit en quelque sorte la lumière comme le fait la carrosserie de métal d’une voiture, la lumière glisse dessus (je vais expliquer le processus avec des photos ci-dessous). La matière se rapprochant le plus des propriétés de la « Maille » de Man of Steel est tout simplement du « Glissnet », un textile composé de 60% de Nylon et 40% de Spandex. Le Spandex lui donne sa propriété d’élasticité, et le Nylon permet lui la transparence (les bas et collants de femme sont composés en partie de Nylon).

Voici un échantillon de Glissnet et ce qu’il permet comme résultat :

On remarque donc qu’on voit au travers, ici sur la photo de la Maille dans les Ateliers de Michael Wilkinson on voit que sa main est visible au travers de la « Maille »

Et voici concrètement ce que ça donne sur le costume de « Man of Steel », les reflets blancs que vous voyez sont les parties chromées du Muscle Suit sous la Maille et qu’on voit à travers la Maille :

Et ici sur cette photo on voit donc que le même type de tissu est capable de laisser donc transparaitre du métal, mais aussi sa lumière, ici on peut voir un échantillon de tissu du même type, recouvrant du métal, on voit clairement que la réflexion de la lumière de la partie métallique passe à travers le tissu :

Et voici donc concrètement ce que donne la maille sur le « Muscle Suit » (dont les parties saillantes des muscles sont chromées), on voit la lumière à travers (reflétée comme par un miroir ou une pièce de métal qui reflète la lumière) :

Sur cette photo (de la hanche) on distingue parfaitement l’entrelacement des fibres textiles séparées et qui laissent donc entrevoir la plaque chromé du « Muscle Suit » qui est en dessous de la maille :

(Oui je sais vous n’avez jamais vu le zizi de Superman d’aussi près)

En somme plus le costume est exposé à des sources de lumières environnantes, plus il va réfléchir cette lumière et la renvoyer comme un miroir ou une enveloppe de métal (comme une carrosserie de voiture), et cela en fonction du déplacement OU du costume (donc d’Henry Cavill quand il bouge/se déplace) OU de la source de lumière qui bouge autour de lui. Si vous faites rouler une boule métallique par terre, la lumière qui va se refléter dessus va bouger car la boule se déplace. Et a contrario si la boule métallique est inamovible sur place, mais que vous faites bouger la source lumineuse autour, c’est la lumière qui bougera sur la boule.C’est aussi la raison pour laquelle, lorsqu’on voit le costume sur Henry pendant le tournage lors de scènes de Making of, ou même certaines scènes du film, où il est peu exposé à la lumière, le costume devient aussitôt sombre, voir mat et non brillant, presque comme s’il était terne ou qu’il « s’éteignait ».C’est comme garer une voiture à l’ombre, elle réfléchira peu de lumière donc sera plus sombre, tandis que si elle roule au grand jour sous un soleil, elle réfléchira la lumière sur sa carrosserie et autour d’elle, comme un objet lumineux vivant. Le costume de Man of Steel a donc cette propriété unique, comme s’il était vivant, presque comme une peau reptilienne.

Pour résumer le costume est donc l’association du « Muscle Suit » + « La Maille » :

Résultat, le costume de « Man of Steel » semble donc réellement métallique alors qu’il est grimé d’une enveloppe en tissu. Aucun costume de Superman n’aura jamais aussi bien porté son surnom de « Man of Steel » !!!


La cape : Caped Wonder

Comme expliqué précédemment sur les choix concernant le cape, notamment qu’elle ne porte pas de blason « S », et est d’un rouge profond, la cape du costume de Man of Steel est fabriquée dans une matière noble, il s’agit de « Microsuède », ce n’est ni plus ni moins que du Daim :

On peut le voir ici que la cape s’apparente effectivement aux propriétés textiles du Daim :

Le Microsuède est obtenu à partir de la face intérieure du cuir, généralement du cuir de vache, mais il en existe à base de daim (d’où son nom même quand il ne provient pas de cet animal). Il est constitué uniquement de la couche intérieure de la peau, il est moins solide mais plus doux que le cuir classique. Ses caractéristiques de souplesse en font un matériau de choix pour l’habillement et usages sensibles. Son usage est également employé à l’origine pour les gants de femmes, et est aussi populaire dans la tapisserie d’ameublement, les chaussures, les sacs et autres accessoires. Il est également utilisé dans les doublures de produits en cuir (intérieur de sac par exemple). Cependant c’est un matériau salissant, peu adapté à un usage quotidien (on peut le voir par exemple dans la scène de désert lorsque Superman est de dos, que le bas de la cape a vite pris la poussière en particulier lorsqu’il monte l’escalier du vaisseau de Faora <3 ).

Michael Wilkinson l’avait expliqué, il y a également différentes tailles de capes, en fonction des besoins des scènes (c’était aussi le cas de Brandon Routh pour le costume de Superman Returns : il avait même des capes très courtes, comme celle de Robin pour les besoins des scènes de vol filmées de face couché, et avait même une micro cape presque aussi courte qu’un bavoir pour des scènes filmées de haut à 90°).

Henry Cavill mesure 6 feet soit 1m84, et si on compte les bottes de Superman, il doit frôler les 1m90 (car les semelles sont compensées), pour une telle taille il faut prévoir environ 4,5 mètres de Microsuède pour la conception d’une seule cape. La forme de base de la cape dépliée ressemble à la moitié d’un ovale ou d’un cercle étendu coupé en deux (le milieu de la partie droite est le point qui ira se placer au niveau du cou et ou les 4 grands plis de la cape seront cousus).

Un schéma du patron de la cape :

Ce gabarit de base est primordial pour que la cape ne donne pas un effet « bavoir » au niveau du cou (comme la cape ratée de Superman Returns), c’est ce qui permet à la cape de retomber ensuite droite (sa longueur de cape de Spartiate aidant, donne à la cape de Superman cette allure majestueuse de cape de Roi).

La cape a 4 grands plis de chaque côté du cou, ses plis ne sont pas naturels et font partie intégrante du patron de la cape. Michael Wilkinson l’expliquait dans le making of du film, l’une de ses premières préoccupations sur l’allure de la cape outre sa longueur et sa matière, était justement ses plis autour du cou qui devaient toujours être parfaits (mais paraître naturels). Ainsi comme il est impossible que la cape se replie exactement toujours de la même sorte à cet endroit, ses plis font partis intégrante de la couture de la cape.

Les 4 plis de la cape :

L’une des autres performances technique de la cape (et qui est absolument impossible à voir dans le film ni en photo) c’est qu’il n’y a pas de coutures sur le tissu de cape. Même les bords n’ont pas de coutures, de même qu’il n’y a pas d’ourlets. C’est une seule pièce contiguë de Microsuede d’un coin à un autre. En espérant avoir d’avantage d’information sur la découpe de la cape par Michael Wilkinson à l’avenir, il faut savoir que ce genre de prouesse technique est en général possible qu’avec une découpe au laser, cela se fait souvent au cinéma pour des costumes (la plupart des éléments durs du costume de Superman Returns étaient par exemple coupés au laser, en particulier le « S »). La cape se fixe au niveau du trapèze de part et d’autre du cou par des attaches (invisibles car sous la cape), là aussi pour le moment le mystère demeure quant à la manière de fixer la cape au costume (velcro ? Attache ? Aimants ? Fixettes ?).


Les Bottes : Superman Grounded

La base des bottes est fabriquée à partir de cuir sur mesure (pour Henry Cavill) puis une semelle y est ajoutée, et le tout est enveloppé de la combinaison « Maille « (la même que la « Maille » bleue du costume sauf qu’ici elle est rouge). Celle-ci est cousue autour de la cheville et le bas des deux côtés verticalement. Il faut environ 1 mètre carré de « Maille » rouge pour la conception d’une botte, mais il y a cependant un détail extrêmement important : les motifs de la Maille des bottes est gris foncé (presque noir), contrairement aux motifs de la Maille bleue du costume qui eux sont bleu brillant.

La Maille des bottes est grise foncée/noire :

Il faut aussi savoir que les bottes ne s’enfilent pas car elles sont directement cousues à la « Maille bleue » du costume. La couture est invisible car recouverte par le célèbre revers en « M » de la botte, qui sert également de renfort et de maintien de la couture (c’était une des parties imprimées en 3D par Eddie Yang et ses collaborateurs). La botte fait donc une seule pièce avec le costume bleu.

La semelle des bottes a été modélisée en 3D par ordinateur, et imprimée à l’aide d’une imprimante 3D numérique. À partir de laquelle un moule a été créé pour produire les nombreuses semelles nécessaires pour tous les costumes. Les semelles sont collées au fond de la botte, et il faut savoir que la botte contient une semelle légèrement compensée de quelques centimètres (un genre de talon) afin d’allonger à la fois la silhouette d’Henry Cavill (puisqu’il a une musculature massive et tassée), et à la fois pour avoir un Superman plus grand (avec les bottes Henry Cavill se rapproche du mètre 90). Mais celle-ci est à l’intérieur de la botte sous le cuir et la Maille.

Pour ceux qui connaissent les Chaussures « Isabelle Marrant » en gros c’est la même chose :

La botte a également un renfort sur la pointe (pour lui donner son nez carré) mais aussi derrière au talon (c’est justement la partie inférieure de la semelle compensée).

Mais il existe également d’autres versions de la botte pour le tournage quand il n’y a pas de plan serré sur les pieds, en général il s’agit de scènes où Henry Cavill est filmé qu’au-dessus de la taille en plan Américain. Cette botte différente ne semble pas avoir de renfort sur le nez ni au talon, de même que la « Maille » de la botte semble flottante et molle.

À l’heure il est impossible de savoir pourquoi il existe cette botte différente, hormis que c’est certainement pour des questions de confort (étant donné qu’elles ne sont pas filmées), soit pour certains types de scène incluant des cascades (glissades et autres). Il faut néanmoins noter que le costume de Zod dispose aussi des mêmes bottes, et pourtant Michael Shanon a eu très peu de scènes au sol avec ce costume (la plupart du temps il portait dans le film le costume métallique en CGI), cela renforce la probabilité qu’il s’agisse bien de bottes de « confort » pour les acteurs lorsque leurs pieds ne sont pas filmés. Les bottes avec coques auraient plus tendance à être justement utilisées lors de plans larges et aussi des scènes de cascade (notamment la scène ou Superman glisse sur le sol en arrière).


Le symbole du “S” : Hope

Je ne vais pas revenir sur la signification de l’emblème de Superman, ni les raisons artistiques de ses courbes ou de son design (j’en parlerai en partie « infos complémentaires »). Encore une fois il s’agit ici de s’attarder sur ses propriétés techniques et matérielles.

Le « S » du costume de Man of Steel a été modélisé en 3d puis imprimé via Imprimante 3D.

Le « S » a une spécificité très particulière : en fait il n’y a que la forme globale du S en latex rouge qui est du dur, toute la partie centrale du S, donc l’intérieur jaune, et totalement vide ! Il n’y a pas de Latex. C’est tout simplement « La maille » bleue du costume qui est directement peinte en doré ! Puis le contour rouge du S est directement collé par-dessus la Maille.

Qu’est-ce que ça a de particulier ou d’exceptionnel ? Tout simplement comme il s’agit de « La Maille » en Glissnet alors celle-ci joue donc son rôle de transparence, donc le jaune doré du « S » a les mêmes propriétés que la « Maille » bleue du costume, ainsi le jaune du « S » laisse tout simplement filtrer la lumière naturelle étant donné qu’en dessous la partie pectorale du « Muscle Suit » est chromée.C’est la raison pour laquelle le jaune du « S », n’a jamais exactement la même couleur, et peut passer (selon l’éclairage) d’un jaune terne, a un jaune gris, a carrément un jaune doré ou incandescent et très lumineux.

Sur cette photo on le distingue presque, mais c’est très difficile à voir sur des photos, étant donné que la distinction entre le reflet de lumière blanche du « Muscle Suit » chromé sous la Maille, se mélange au jaune clair du S (c’est un peu comme lever une bougie face au soleil, la bougie devient invisible à cause de la lumière plus forte du soleil) :

Précision très importante, lorsqu’il a été demandé à Michael Wilkinson en interview (a plusieurs reprises) pourquoi le jaune du S n’était pas toujours jaune ou pas totalement jaune afin de comprendre ses intentions artistiques à ce sujet, il s’est contenté de dire qu’ils avaient utilisé un jaune doré qui réfléchissait la lumière selon l’éclairage. Sa réponse élude tout simplement la question pour ne pas dévoiler le secret de cette partie du costume (le cachotier). Cependant le fan avec qui j’ai conversé et qui a pu voir le costume en vrai au studio de Warner Bros, a confirmé (car l’ayant vu de ses yeux) que la partie Jaune du « S » est la maille fine et qu’on voit au travers le « Muscle Suit » chromé (pris la main dans le sac Michael « Rasoir » Wilkinson).


Les influences du costume au long des années : de Superman(s) à MAN OF STEEL

Superman Tim Burton, Superman Abrams Flyby , Superman Brett Ratner, Superman Mc Caig, Superman Returns

Comme l’a dit Michael Wilkinson, les principales influences pour la création du costume ont été le film de Richard Donner, le Graphic Novel de Frank Miller, les travaux d’Alex Ross, et un passage en revue de l’ensemble des représentations de Superman durant ses 75 ans. Cependant il y a deux autres aspects à prendre en compte, notamment le fait que Zack Snyder est entre autres un fan du Superman de Jim Lee (il en parlait avant même que le tournage débute), et on retrouve dans le film certaines représentations visuelles rappelant certains traits graphiques de Jim Lee dans le costume (des postures, le gabarit général du costume, etc).

Cependant il y a une chose très importante qui a influencé la création du costume (positivement), c’est tout simplement tous les projets cinéma de Superman qui ont été tentés de 1998 avec « Superman Live » de Tim Burton, puis « Superman FlyBy » d’Abrams Adams, le Superman de Brett Ratner, le Superman de McCaig, jusqu’à « Superman Returns » de Bryan Singer.Car dès que Warner Bros a voulu relancer en chantier un nouveau film de Superman en 98, tous les travaux de recherche et développement qui ont été réalisés autour d’un projet d’adaptation (donc de 1998 à 2004) ont coûté environ 70 millions de dollars à Warner Bros (approximativement 20 millions de dollars par projet) et cela sur 7 ans.Les différents réalisateurs qui ont tous successivement tenté de faire une adaptation de Superman après Burton, de Abrams à Ratner, Mc Caig, puis Singer ont tous eu l’intelligence de réutiliser ou s’inspirer d’artworks les ayant précédés.

Ainsi dans le Superman d’Abrams, on retrouve des idées développées précédemment par les équipes de Burton en 98, de même que dans le Superman de Mc Caig ont retrouve des idées développées par soit les équipes de Burton soit celles d’Abrams, idem avec Ratner, Mc Caig et pareillement avec Singer qui n’a pas hésité à reprendre/s’inspirer de certaines de leur idées (même si Singer a pris le parti de revenir à un Superman un peu plus traditionnel, mais cela s’inscrivait dans la démarche de son film d’être une espèce de suite indirect aux films de Donner tout en étant un hommage).

Ainsi Burton a été le premier à retirer totalement le « shorty » du costume de Superman avec le fameux Black Suit (en refaisant la même chose que ce qu’il avait fait sur Batman en 89)

Les équipes de Abrams, Ratner et McCaig ont fait pareillement :

On retrouve aussi dans leurs deux versions ce qui s’apparente à une petite boucle doré en dessous de la partie abdominale au centre et des lignes dorées sur les hanches, tout comme sur le costume de Man of Steel :

Il y a aussi un élément très marquant qu’on retrouve dans les premiers prototypes du Superman d’Abrams, notamment les lignes tracées le long des hanches (lignes tracées pour casser la dynamique de l’absence du Shorty), que Bryan Singer a lui aussi partiellement repris dans le costume de Superman Returns (et pourtant où le shorty est présent) mais toujours dans la même démarche, casser la dynamique du bassin en ayant une ligne qui suit les courbes du corps.

Et justement dans le costume de Man of Steel ont retrouve cet élément qui a deux buts, casser la dynamique du tronc car le shorty est absent en traçant donc une ligne de force (ou de grâce), cela pour équilibrer la partie haute du corps et la partie basse. Elle sert également à renforcer les lignes musculaires de Superman (Henry Cavill), à savoir le grand oblique, le grand droit, le petit oblique, le traverse, et cela jusqu’à la hanche.

Ici cela démontre l’intelligence des créatifs du costume de Man of Steel (que ce soit James Acheson, Michael Wilkinson, Warren Manser, mais surtout Zack Snyder qui était décisionnaire final), qui ont réussi à réinventer le costume en le modernisant mais en ayant aussi surtout la modestie de ne pas hésiter à s’inspirer également de tous les artworks les ayants précédés sur des projets de films de Superman (la plupart non retenus, sauf la version Singer), et ici carrément en les réutilisant sur le costume de Man of Steel mais à leur manière. Ainsi le costume de Man of Steel trouve quelque part sa réussite artistique non seulement dans la créativité de tous les artistes qui ont travaillé dessus durant le développement de Man of Steel, mais aussi car les nombreuses versions de projets entamées pendant 13 ans avant ont contribué (indirectement) à ce que puisse être intégré dans le costume les meilleures idées créées sur les différents projets de films de Superman (soit 5 versions de films avec 5 visions différentes et 5 réalisateurs différents, sans parler des milliers de travaux de créatifs ayants tous participé à un moment ou un autre aux différents projets de films).


Les bonus

– Lorsqu’Henry Cavill a auditionné pour le rôle de Superman dans Man of Steel, Zack Snyder faisait auditionner les acteurs dans le costume de Superman de 1978 de Christopher Reeve :

Snyder lui aurait dès lors dit que « si vous pouviez mettre et enlever ce costume, ça sera déjà une très bonne réussite », en faisant référence aux muscles de Cavill (qui furent nécessaires pour « Immortals », film dans lequel Cavill venait de tourner). « Tout ce que je pouvais me dire, c’était : oh mon Dieu, ils vont me regarder et se dire Il n’est pas Superman. Aucune chance. L’acteur qui était en moi me disait tu n’es pas prêt, tu n’es pas prêt », se souvient-il ensuite pendant qu’un assistant l’aurait aidé à le « faire entrer » dans le costume.

La chose à laquelle il ne s’attendait pas c’est qu’en arrivant devant l’équipe de Casting et Snyder, plus personne n’a dit un mot tellement ils étaient impressionnés par son incarnation de Superman, tout le monde était convaincu que personne d’autre que lui ne pouvait avoir le rôle.

Une photo prise par Zack Snyder de Henry Cavill dans le costume de Superman 78 :

– La première fois qu’Henry Cavill a mis le costume il n’a pas pu se regarder dans le miroir :« J’ai pu assister à la création des différents designs et à la fabrication des prototypes », explique l’acteur. « Malgré cela, lorsque j’ai revêtu pour la première fois le costume, avec sa cape, je n’ai délibérément pas voulu regarder tout de suite dans le miroir. Je voulais profiter de cet instant. L’un des plus forts de toute ma vie ! Puis je me suis retourné et j’ai réalisé que j’étais Superman. Il n’y a rien de comparable ! Le sentiment ne m’a d’ailleurs toujours pas quitté. Lorsque je suis dans ma loge, je n’arrête pas de me dire que c’est trop cool (rires) ! »

– Henry Cavill a passé 4 castings pour jouer Superman sur 4 projets différents : il a participé au casting de la version de Rattner et a été retenu, mais le film est tombé à l’eau. Puis il a participé au casting de Mc Caig et a été retenu mais le film est tombé à l’eau. Il a participé également au casting de « Superman Returns » (de Bryan Singer), mais cette fois-ci a été recalé, au profit de Brandon Routh (car Singer cherchais un acteur pouvant rappeler Chris Reeve). Puis il a enfin participé au casting de Man of Steel, où il a été favori dès le début du casting et a été retenu (il faut savoir que beaucoup de fans ont plébiscité Henry pendant de nombreuses années afin qu’il décroche le rôle, quelque part c’est aussi le choix des fans qui a été réalisé).

– Henry Cavill ayant participé à plusieurs casting de projets de films Superman, et donc le seul acteur à avoir porté plusieurs costumes de Superman différents, il a donc porté le costume du Superman FlyBy de Abrams, il a également porté le costume du Superman de 1978 de Richard Donner (une réplique portéz par Chris Reeve) pour les besoins du casting de Zack Snyder. Enfin il a porté le costume de Man of Steel.

– Le Black Suit – Un peu de Burton dans Man of Steel ?

Le Black Suit de Superman est une légende, déjà car il est apparu la première fois dans « Death of Superman », c’est le costume Kryptonien de régénération de Superman. Lorsque Tim Burton a tenté de faire son film de Superman en 1998, celui-ci a fait un costume tout noir à Superman s’apparentant plus ou moins au BlackSuit, mais le film n’ayant jamais vu le jour celui-ci ne s’est jamais concrétisé en film. Cependant quelques mois avant la sortie de Man of Steel au cinéma, vers Février/Mars 2013 des rumeurs ont circulée faisant mention du BlackSuit dans le film, une fois le film en salles la rumeur était donc bien confirmé, le BlackSuit a bien fait son apparition dans le film pendant la scène du cauchemar de Superman.

– Kevin Smith étant proche des producteurs du film mais aussi de Zack Snyder et David Goyer a pu obtenir un des blasons « S » officiels du film utilisé pendant le tournage sur l’un des costumes. Il se l’est fait « coudre » sur son fameux sweat de Hockey :

– Une version des bottes (usées) ont été vendues en enchère chez « Julien Auction » intitulé « Hollywood Legend » le 13 mars 2013 à un prix de départ de 700 dollars :

– Avant même que le film ne sorte au cinéma, la production a entamé une promotion virale en exposant le costume de Man of Steel et cela tout au long de l’année 2013. Tout d’abord au salon du cinéma de Las Vegas. Puis après dans divers magasins de jouets, des expositions, des cinéma, des conventions (Comic Con etc), des avant-premières du film, des musées etc.

– Man of Steel, la réinvention du « S »:

Pour la réinvention du symbole de Superman, Snyder voulait un logo qui puisse ressembler à une lettre » S » Terrienne (pour qu’il soit donc lisible comme la lettre de l’alphabet « S » un genre d’homonyme, d’où la blague de Lois dans le film « Ici c’est un S » ) et en même temps qu’il puisse ressembler à un glyphe et blason d’une autre civilisation/culture (ici à une civilisation Alien), en quelque sorte, quelque chose qui fasse un peu exotique et non Terrien, pour justement légitimer que chez les Kryptonien, ce qui ressemblerait pour nous à la lettre « S » voudrait dire en réalité chez eux autre chose, notamment le nom des « El » (Espoir). Cette approche est de toute façon pas impossible, on dénote bien dans la réalité des symboles ou lettres qui ressemblent à d’autres dans une autre culture et parfois sans avoir eu de lien direct.

Voici les logos de recherche pour le film, c’est le logo F qui a été retenu (personnellement je pense qu’ils ont retenu le meilleur) :

Ils sont partis du même procédé pour les logos de Zod et Faora, ils sont partis de lettrages médiévaux de Z et de F pour les décliner en glyphes Kryptoniens, en sachant qu’ils ont développé tout un Alphabet Kryptonien qui fonctionne réellement (à chaque fois qu’on voit des symboles Kryptoniens dans le film, ils ne sont pas posés au hasard, ce sont des mots ou phrases traduisibles en Anglais). C’est Christine Schreyer, une anthropologue et linguiste à The University of British Colombia qui a travaillé plusieurs semaines pour créer une écriture Kryptonienne qui se lit.

– 2007/2011 Warner Bros : No Shield, No cape, No Shorty !

L’une des raisons pour lesquelles Warner Bros a rebooté Superman, c’est entre autres à cause du semi succès/échec de Superman Returns (financièrement), et à partir du moment où le reboot a été décidé, il faut aussi savoir que les dirigeants de Warner Bros voulaient à l’origine carrément retirer le logo de Superman (pour eux avoir un S sur la poitrine n’avait pas de sens pour un alien), de même qu’ils voulaient aussi retirer sa cape et le shorty.

Vers 2009/2010 (après la fin du contrat de Brandon Routh et Bryan Singer) lorsque Warner Bros a décidé de rebooter Superman au cinéma (suite à la proposition de script de Nolan et Goyer), ils voulaient vraiment un Superman plus « moderne », ils voulaient donc enlever tout ce qui pour eux faisait désuet et cheap, donc le logo, la cape et le shorty (mêmes les couleurs bleu/rouge/jaune étaient dans le collimateur). Il suffit de voir par exemple Smallville, bien que pas du tout connectée directement aux projets de films cinéma de Superman (même si Smallville se base en grande partie sur le DonnerVerse). Hé bien la série a longtemps fait des « détours » pour ne pas utiliser l’imagerie classique de Superman (« le blur », le blouson Bordeau de Clark, le long imper noir et le logo en Blanc sur T-Shirt Noir), d’un côté c’était une volonté artistique des producteurs de ne pas utiliser le costume de Superman (ils avaient annoncé dès le départ de la série que Tom Welling ne porterait jamais le costume tout au long de la série), mais d’un côté ils cherchaient un moyen d’utiliser l’imagerie de Superman autrement.

Ainsi lors du reboot de Superman les Dirigeants de Warner Bros (en tout cas une faction dont fait partie Dan Lin qui a longuement plébiscité pour ne pas reconduire de suite à Superman Returns et à vouloir un reboot de Superman), il y avait pour eux plusieurs facteurs liés au semi succès/échec de Superman Returns, et l’un d’entre eux était que Superman était trop désuet, que les codes du personnage ne fonctionnaient plus à notre époque, pour eux ça impliquait ce personnage Flashy bleu/rouge/jaune, la poitrine estampillée d’un S et une cape ne servant a priori à rien (Batman a une utilité à avoir une cape, Superman moins). Donc ils voulaient retirer tout ça et avoir un personnage plus moderne et moins coloré (on peut dire quelque part qu’ils voulaient une esthétique un peu semblable au projet du Superman de Burton des années 98).

Du coup si Nolan et Goyer dans la réécriture de leur vision de Superman ils ont repris certaines thématiques fortes de l’univers de Superman (toute la partie Byrne, notamment Kryptonienne et Birthright), Snyder lui a par ses choix artistiques, convaincu Warner Bros que Superman pouvait garder tous ses codes graphiques et esthétiques tout en étant fidèle, si ceux-ci étaient justifiés et expliqués en y apportant une touche de modernité (c’est donc exactement ce qui a été fait dans le film). Finalement il n’y a que la boucle dans ses cheveux qui a disparu et le fameux shorty, tout le reste a été adapté avec modernité. Snyder a donc réussi à les convaincre de garder la cape et le symbole de Superman justement en donnant un sens à tout ça dans le contexte du scénario et de la mythologie/culture Kryptonienne : la cape pour l’aspect ancestral des Kryptoniens notamment les castes de haut rang, la famille des « El » faisant partie d’une caste haute, et la mère de Kal-El faisant partie d’une caste noble. Et le « S » comme j’en parlais précédemment, il lui a donné ce design Alien pour que ça ait un sens vu d’un Terrien, afin que le « S » rappelle la lettre S de l’alphabet sans en avoir exactement les attributs.

Par ailleurs on pourra remarquer que parmi tous les différents blasons de Superman crées pendant ces 75 ans (environ une trentaine de logo de Superman différents), pour celui de Man of Steel, Snyder a choisi de s’inspirer du « S » le plus « exotique », il s’agit du « S » du Superman de 1941 du Golden Age (et accessoirement du Superman Earth-2) :

Apparu pour la première fois dans le « Superman #9 »

Merci d’avoir pris le temps de lire ce dossier, et « See ya soon, look up in the Sky ».

Et un grand merci à Edge et Nathko de m’avoir proposé la publication de ce dossier sur DC Planet.

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