Qui se cache derrière Abel Quentin, le lauréat du prix de Flore ?

  • Par kjhg

Jusqu’à présent, Abel Quentin vivait une double vie et cela ne lui posait aucun problème. Chacune de ses deux personnalités conduisait une existence parallèle et il n’y avait a priori aucune raison pour qu’elles se croisent un jour. Et comme Paris est un monde cloisonné, chacun peut y courir dans son couloir sans se préoccuper des autres.Qui se cache derrière Abel Quentin, le lauréat du prix de Flore ? Qui se cache derrière Abel Quentin, le lauréat du prix de Flore ?

D’un côté, il y a donc Abel Quentin, un écrivain de 35 ans qui publie, en cette rentrée littéraire 2021, son second roman, Le Voyant d’Étampes, aux éditions de ­l’­Observatoire. Comme dans son premier, Sœur (paru deux ans plus tôt, finaliste du Goncourt des lycéens, mais quand même passé un peu sous les radars de la critique littéraire), il y tisse un récit où les questions d’identités tiennent un rôle primordial : les chiens n’écrivent pas des histoires de chats.

Cette fois, son nouveau roman est très vite repéré par Frédéric Beigbeder qui publie chez le même éditeur que lui. C’est ainsi que Le Voyant d’Étampes obtient le prix Maison-Rouge, fondé par l’auteur de 99 Francs trois ans auparavant avec des copains écrivains et quelques stars qui, comme lui, résident sur la côte basque. Le 26 août 2021, Abel Quentin prend ainsi le train pour Biarritz afin de faire la fête avec Isabelle Carré, Isabelle Huppert, Philippe Djian, boire de la vodka bio Le Philtre que Beigbeder produit avec son frère Charles, et empocher au passage une récompense de 5 000 euros. C’est chouette. Mais de retour à Paris, le lauréat doit appeler tout penaud les organisateurs du prix : il ne peut pas encaisser le chèque. Car Abel Quentin n’est pas son vrai nom.

Mugs et écriture balzacienne

Qui se cache derrière Abel Quentin, le lauréat du prix de Flore ?

Douze jours plus tard, le 7 septembre, Le Voyant d’Étampes se retrouve sur les premières listes des deux principaux littéraires du pays : le Goncourt et le Renaudot. Le lendemain, devant une cour d’assises spéciale, s’ouvre le procès des attentats de Paris 2015, qui ont entraîné la mort de 131 personnes. Quatorze accusés comparaissent physiquement. Ce marathon judiciaire doit durer neuf mois et la presse en parle déjà comme du « procès du siècle ». Dès le premier jour d’audience, l’un des inculpés, Farid Kharkhach, soupçonné d’avoir aidé un logisticien des attentats, fait un malaise. Comme le rapporte Le Monde, l’un de ses trois avocats, Me Albéric de Gayardon, dénonce alors les conditions de détention et « les fouilles à nu » subies par son client à son arrivée au palais de justice, en soulignant « son état dépressif ». À ce moment-là, dans des circonstances aussi graves, nul n’imagine que ce jeune pénaliste est également un écrivain goncourable. Mais jusqu’à quand le secret peut-il tenir ?

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