Se lancer dans la culture de champignons

  • Par kjhg

(Agence Ecofin) - La myciculture ou la culture des champignons prend de l’ampleur dans les pays africains. Au Cameroun, au Congo, au Zimbabwe, en Côte d’Ivoire ou encore au Burundi, cette activité est encouragée du fait de la facilité de mise place d’une exploitation de champignons, et de sa profitabilité à court terme. En effet, le kilogramme de champignons est compris entre 6 et 11 dollars, un prix bien au-dessus de celui de la viande ou du poisson. Ce revenu peut être très intéressant pour les producteurs et les personnes qui souhaitent se lancer dans une nouvelle activité agricole.

Les connaissances nécessaires

Il est nécessaire d’avoir des connaissances sur les différents types de champignons, leur culture, les étapes de production, la fabrication de l’incubateur, les semences, et l’aménagement de la chambre de fructification. Il faut également maîtriser le processus de fabrication de substrats de champignons (sur sciure, farine de riz ou paille). En outre, prendre en compte les méthodes de bonnes manipulations lors de la fabrication de semences, et les règles d’hygiène propre à une entreprise alimentaire.

Comment apprendre ?

Se lancer dans la culture de champignons

La production de champignons à petite ou à grande échelle est assez simple. Le travail se fait généralement en trois phases : l'incubation dans un espace fermé et à l’abri de la lumière. Sur des étagères, on place des sacs contenant du substrat et des semences. Vient ensuite l’étape de l’arrosage, à effectuer deux fois par jour. Enfin, l’étape de la culture qui peut durer environ trois mois. Lorsque les racines se forment, les sacs sont retirés et placés dans une seconde pièce de fructification.

Quel budget pour se lancer ?

L’avantage de la culture de champignons est qu’elle est réalisable avec un budget limité qui couvrira l’achat des semences, des sacs et du compost. Si on n’a pas de terrain pour l’incubation, on peut aménager un espace inutilisé dans sa maison qu’on équipera d’étagères, pour poser les sacs. Certains entrepreneurs ont développé des solutions plus pratiques pour ce type de culture. Au Congo par exemple, une start-up locale propose des kits pré-incubés capables de produire des champignons en moins d’une semaine, pour la somme d’environ 3 dollars l’unité.

Quel matériel ou équipement ?

On aura besoin d’un espace à l’abri de la lumière, des étagères, des sacs, de substrat (paille, sciure etc.) et des semences (graines et mycélium). On peut également opter pour les kits pré-incubés qu’on pourra facilement disposer dans un petit espace aménagé à la maison pour cultiver ses champignons. Si l’on souhaite créer sa propre marque de champignons, il faudra prévoir le packaging, et un équipement pour le nettoyage.

Où s’approvisionner ?

On peut soi-même produire ses semences à partir de graines de seigle disponibles dans les épiceries ou dans les marchés locaux. Le substrat de sciure est disponible dans les menuiseries, et le mycélium peut être prélevé à l'intérieur du champignon, et ensuite déposé sur un substrat stérile. Si l’on n’a pas la possibilité de faire ses semences, on peut se rapprocher des exploitants locaux et des instituts de recherche agricole dans son pays.

Comment trouver des clients ?

La clientèle est majoritairement constituée des foyers. Pour se démarquer de la concurrence essentiellement constituée de revendeurs dans les marchés, on peut créer une marque industrielle et proposer des champignons sous un emballage moderne, dans les grandes surfaces et les alimentations locales. Cela implique de travailler sur l’image de sa marque et de faire la promotion de son produit sur les réseaux sociaux ou toute autre méthode de marketing.

A quel moment/volume devient-on rentable ?

La marge bénéficiaire de la culture de champignons peut intervenir au bout de 6 mois en fonction de la taille de sa structure de production. Un producteur de champignon peut cultiver en moyenne 100 kilogrammes de pleurotes, ou autres espèces, pour un prix compris entre 6 et 11 dollars le kilogramme.

Aïsha Moyouzame

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