Live-January 2015 attacks: "after the shooting, there was silence, a silence of death"

  • By kjhg

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The hearing is adjourned.

The hearing is adjourned. par le président Régis de Jorna. Elle reprendra demain à 9h30. Merci à tous de nous avoir suivis aujourd'hui et à demain pour un nouveau live.

Gérard Gaillard: "I threw myself down on the ground"

Dernière audition de la journée, celle de Gérard Gaillard, 82 ans. Avec son "ami de quarante ans" Michel Renaud, décédé lors de l'attaque, il était l'un des invités de la réunion de rédaction de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015. "On a été accueillis dans une ambiance joyeuse, nous avons échangé un petit moment et puis rapidement la réunion de rédaction a commencé. Des échanges intéressants, des débats parfois vifs. J'ai vu rentrer un homme cagoulé, vêtu de noir, avec une arme à la main. Je me suis jeté à plat ventre par terre. J'étais couché, les yeux fermés, je ne bougeais absolument pas. J'étais en état de sidération mais j'étais parfaitement conscient de ce qui se passait", se remémore l'octogénaire. "Ensuite je pense que j'ai perdu connaissance pendant un bon moment. Je suis sorti dans le hall, toujours hébété. Les secours sont arrivés. J'ai pu utiliser mon téléphone pour rassurer ma famille."Après l'attaque, Gérard Gaillard rentre très vite chez lui, à Clermont-Ferrand. "Les premiers jours ont été très difficiles. Je me suis senti seul. Je ne pouvais pas partager ce que j'avais vécu avec mes proches, ni avec des rescapés. J'avais des sollicitations nombreuses. J'avais l'impression de ne pas être protégé, j'avais peur de sortir de chez moi, j'avais enlevé mon nom de la porte de mon immeuble... J'étais en état d'alerte permanent." A la barre, l'octogénaire évoque sa "culpabilité d'être vivant". "J'ai vu grandir mes enfants et mes petits-enfants, et quand je pense aux enfants qui sont privés de leur père ou de leur mère, j'ai un sentiment de culpabilité."

On January 8 and 9, 2015, "the nightmare continued"

Avec une collègue, elle se glisse dans un recoin de son bureau, sans oser appeler la police avec son portable de peur d'attirer l'attention sur elle. "J'ai entendu : "On peut y aller, ils sont tous morts". Et le silence. Ils ont quitté les bureaux, j'entendais des tirs à l'extérieur. J'ai appelé mon conjoint et le 17. La police était déjà au courant qu'il se passait quelque chose. Je suis sortie de mon bureau et j'ai découvert Mustapha dans le couloir. Je me suis penchée vers lui, j'ai été saisie d'effroi en comprenant immédiatement qu'il n'y avait plus rien à faire. J'ai été incapable de franchir le seuil de la salle de réunion.""Tous les téléphones sonnaient, c'était une cacophonie. Puis les secours sont arrivés." Dans la rue, une foule s'est réunie. "J'étais terrifiée. Je me sentais encore une cible", témoigne Cécile Thomas. "Après, le cauchemar a continué, le 8, le 9 [janvier, NDLR]. L'horreur a été abyssale." Comme les autres victimes, elle a subi d'importantes répercussions psychologiques. "Les conséquences psychologiques sont dévastatrices", glisse l'éditrice.

Cécile Thomas: "if I had not moved, I would have died"

Veste noire, T-shirt rose, Cécile Thomas était éditrice pour la maison d'édition Les Echappés, qui avait pour vocation de pérenniser le travail fait pour Charlie Hebdo. "C'est très difficile pour moi de témoigner aujourd'hui. J'ai plutôt l'habitude d'être dans l'ombre", souligne à la barre celle qui veut porter la voix des "victimes sans blessures apparentes".Elle raconte son arrivée dans les locaux le 7 janvier 2015. "C'était un joyeux bordel, comme souvent chez Charlie." Elle assiste au comité de rédaction, se place au second rang, derrière Elsa Cayat, puis se déplace derrière Cabu. "C'était une réunion très intéressante. L'ambiance est très joyeuse, potache presque. On a entendu un claquement très sec. Je suis de nature froussarde, je me suis levée immédiatement. Puis j'ai entendu Franck [Brinsolaro, NDLR] qui disait que ce n'était pas normal. Je me suis dirigée vers le bureau des correcteurs. J'ai entendu "Allah Akbar". Si je ne m'étais pas déplacée derrière Cabu, je serais morte avec les autres..."

"they wanted to erase the diary"

Laurent Léger continue : "C'est épouvantable. C'est un amas de tables renversées, de corps... Je sors de la salle, je me rue vers mon bureau pour téléphoner à mon compagnon, je lui dis d'appeler la police. Je me mets à pleurer. Je vois Simon [Fieschi, NDLR] qui gît sur son fauteuil, je lui prends la main, je lui parle. Je culpabilise parce que je ne sais pas quoi faire.""Ils voulaient tuer le journal, effacer le journal", estime Laurent Léger, qui raconte ensuite l'après-7 janvier. "On a été hébergés chez Libération, puis de nouveaux locaux ont été aménagés. Rapidement, je n'ai pas pu continuer. J'ai été arrêté, puis j'ai fini par quitter le journal, et je suis allé travailler ailleurs. J'ai vu un psy qui m'a beaucoup aidé pendant deux ans. Au début, j'avais des flashs, des insomnies. Aujourd'hui ça va mieux, mais il n'y a pas un jour sans que je ne pense à ça. J'ai appris à vivre avec. J'attends de ce procès qu'il fasse la lumière sur la chaîne de responsabilités qui ont mené à ce carnage."

Laurent Léger: "my whole life has marched in my head"

Laurent Léger, qui travaille actuellement à L'Express, succède à Sigolène Vinson at the helm. Arrivé à Charlie en 2009, il découvre une rédaction "passionnante". "Je n'ai jamais connu une telle liberté d'écriture dans une rédaction", salue-t-il, veste claire sur chemise blanche et jean bleu."Je ne me rappelle pas de tout du 7 janvier 2015", prévient le journaliste. "C'était la première conférence de rédaction de l'année. J'ai quelques images en tête. On avait beaucoup ri, beaucoup discuté, on s'était un peu écharpés. Puis on a entendu des sons, on croyait que c'était des pétards. La porte derrière moi s'ouvre très brutalement. Et là ça va très très vite. J'entends "Allah Akbar", je vois ce grand type, massif, tout en noir. Je comprends qu'on est attaqués. Je me retrouve sous une table, recroquevillé sur moi-même. Je vois le dessus du crâne de Georges Wolinski qui gît devant moi. Toute ma vie a défilé dans ma tête en un éclair."

The hearing is resumed.

Le président Régis de Jorna annonce la reprise de l'audience.

The testimony of Sigolène Vinson, "the most beautiful lesson of life"

Pendant la pause, Me Samia Maktouf, avocate de Lassana Bathily, le héros de l'Hyper Cacher, a accordé une rapide interview à la presse. Interrogée sur le bouleversant témoignage de Sigolène Vinson, elle a déclaré : "A la différence de la barbarie [des attentats, NDLR], on a assisté aujourd'hui à de l'humanité. C'est à la fois poignant et plein d'espoir. C'est la plus belle leçon de vie."

The hearing is adjourned.

Le président suspend l'audience "dix minutes".

"attacks Don't always happen to others"

"Le 7 janvier, quand je me suis relevée, j'ai pensé qu'on avait ouvert le bal. J'ai pensé que si deux hommes étaient capables de faire ça à Paris en pleine matinée, c'était parti", déclare Sigolène Vinson. "J'ai grandi avec l'idée que les attentats, ça n'arrivait pas toujours aux autres", ajoute l'ancienne chroniqueuse judiciaire, qui explique que son père est rescapé d'un attentat à la bombe commis à Djibouti en 1985. Par ailleurs, un de ses amis est mort au Bataclan le 13 novembre 2015."J'ai mis du temps à me constituer partie civile, parce que je me considère toujours comme avocat. C'est difficile pour un avocat d'être victime ou partie civile, je trouve. J'attends que la justice fasse son travail", souligne Sigolène Vinson, qui aujourd'hui, a quitté Paris pour le Sud. "La culpabilité du survivant, vous l'avez toujours ?", demande finalement l'avocate de Sigolène Vinson à sa cliente. Réponse : un simple "oui".

"they are all dead"

Le terroriste '"s'éloigne, j'entends des coups de feu dans la rue", continue la jeune femme. "Je me relève. Je vois le corps de Mustapha. Son sang est déjà presque noir. Il y a un nuage de poudre en suspension. Je vais dans la salle de rédaction. Je vois les corps, et très vite, Philippe [Lancon, NDLR]. Il a sa joue dans sa main. Il y avait des os partout, de la cervelle. Quelques instants avant, c'était de l'intelligence, de l'humanisme, et tout ça c'était par terre, alors je me suis reculée. J'ai enjambé les corps, j'ai pris mon téléphone, j'ai appelé les pompiers, j'ai dit : "Ils sont tous morts"." "Riss a levé le bras, il était blessé à l'épaule. Fabrice Nicolino râle à côté, il m'appelle à l'aide. Je me suis agenouillée dans une flaque de sang. Je suis allée chercher un torchon mouillé, de l'eau. Fabrice m'a demandé de lui tenir la main parce qu'il se sentait partir. J'ai vu Coco, je lui ai dit d'aller s'occuper de Philippe. Puis Patrick Pelloux est arrivé", halète Sigolène Vinson.

"the killer tells me he's saving me because he doesn't kill women"

Les membres de la rédaction entendent les premiers coups de feu, s'interrogent : pétards ? radiateur ? "Moi j'ai compris que c'était des coups de feu. J'ai croisé le regard de Charb et je pense que Charb avait compris. Franck [Brinsolaro, NDLR] s'est levé, je sens encore son torse contre le mien. Il a mis la main à son arme, il a hésité entre les deux portes de la rédaction. J'ai senti que la porte derrière moi s'ouvrait. Je suis allée vers le fond de la salle, ça tirait", raconte Sigolène Vinson."Le silence s'est fait, un silence comme j'en ai jamais entendu, très très profond. Dans ce silence, des bruits de pas. J'ai compris que le tueur m'avait vue partir et me suivait. Il est tombé sur Mustapha, j'ai entendu deux ou trois coups de fusil. Le tueur a contourné le muret, il me surplombait. Il était habillé tout en noir. Il s'est penché vers moi. J'avais accepté de mourir à ce moment-là, j'ai pensé à mes proches. Il n'y avait plus de peur, j'attendais qu'il me tue. Il m'a demandé de calmer. Il me dit qu'il m'épargne parce qu'il ne tue pas les femmes, et que puisqu'il m'épargne, que je dois lire le Coran."

Sigolène Vinson at the helm

Au tour de l'ancienne chroniqueuse judiciaire de Charlie Hebdo de s'exprimer devant la cour d'assises spécialement composée. "En 2011, j'ai sorti un roman que Patrick Pelloux a lu. Avant, j'étais avocate; là, je vivais dans une caravane en Corse, j'étais réceptionniste dans un camping. Patrick Pelloux m'a appelée pour me demander d'écrire des chroniques judiciaires. En août 2012, j'ai vu débarquer Patrick Pelloux et Charb qui étaient venus me chercher! En octobre 2012, j'ai assisté à une réunion de rédaction. Depuis, je n'ai plus manqué une réunion de rédaction.""Le 7 janvier, j'ai pris un Vélib. C'était l'anniversaire de Luz, je voulais marquer le coup, j'ai acheté un marbré. Je suis rentrée dans la salle de rédaction. On s'est installés. On a parlé de Soumission, de Michel Houellebecq, puis de la montée des extrémismes. Ensuite vient une discussion sur les banlieues. A un moment on a parlé des jeunes qui partaient faire le djihad en Syrie. Il n'y avait plus de café, je suis allée à la cuisine en préparer. Je reviens."Sigolène Vinson parle vite, respire fort, doit fréquemment s'arrêter.

"I'm not terrified," says Angélique Le Corre.

Jean bleu, haut noir, Angélique Le Corre fait face à la cour d'assises spéciale. La responsable du service abonnement de Charlie Hebdo était avec Corinne Rey lorsque les frères Kouachi ont surgi en bas de l'immeuble de la rue Nicolas-Appert. "Le 7 janvier 2015, Coco est sortie de la réunion de rédaction avant les autres. Elle est venue me proposer de fumer une cigarette, j'ai accepté", relate Angélique Le Corre en triturant nerveusement ses mains.Elle voit alors deux hommes vêtus de sombre. L'un attrape Coco par le cou. "J'ai voulu suivre Coco mais l'homme qui était en face de moi m'a dit : "Toi tu bouges pas, tu restes là." Je suis sortie de l'immeuble." Pensant au début à une "blague" ou à "la police", elle retrouve Luz et lui dit : "Ils ont pris Coco". Puis elle "prend conscience". "Mes jambes me tenaient plus, mais on n'arrivait pas à partir. Il y a quelqu'un qui est venu nous chercher dans la rue pour nous mettre à l'abri dans son entreprise. On a entendu des rafales de balles dans la rue. Je ne savais pas ce qui se passait, j'avais peur pour mes collègues."La quadragénaire enchaîne : "C'est comme si ça avait été un tsunami émotionnel. Ça a dévasté plein de domaines de ma vie. J'ai beaucoup souffert de la perte de mes collègues, des gens géniaux. Mon travail a été externalisé. J'avais un peu tout perdu. C'était ma deuxième maison." Le président interroge Angélique Le Corre sur son sentiment vis-à-vis de l'audience. "Ce procès, je le redoutais et je l'attendais. J'ai longtemps hésité à prendre la parole. Mais je suis contente de le faire car je fais partie de cette histoire et cette histoire fait partie de moi. Aujourd'hui, je me sens forte. Je voudrais juste dire que je ne suis pas terrorisée."

The hearing is adjourned.

Le président annonce la suspension de l'audience pour un quart d'heure.

"I felt guilty for a very long time"

La cour interroge Corinne Rey sur l'après-attentat. "Je voulais pouvoir dessiner le plus possible. Je ne pensais qu'à ça, c'était insupportable. Il fallait que je m'occupe l'esprit. Je n'ai pas hésité une seconde à dessiner, à refaire le journal. J'en avais besoin, c'était un réflexe de survie. Ça me crevait le cœur de voir en plus que ce journal pouvait s'arrêter après ça. Je ne voulais pas que ça disparaisse. Ça été très dur de refaire ce journal, c'était une lutte. J'ai fait ce que j'ai pu avec les moyens que j'avais. [...] Pour ma vie privée, ça a été difficile oui. J'avais l'impression de ramener un monstre à la maison. J'ai eu la chance d'avoir mon conjoint qui m'a beaucoup aidée.""C'est le talent qu'on a assassiné ce jour-là, c'était des modèles pour moi", lance Coco en pleurant. "C'était des gens d'une extrême gentillesse, entre collègues et copains. C'est vrai que c'était une bande." Lorsque le président l'interroge sur ce qu'elle attend du procès, elle répond : "Les coupables, je les avais en face de moi. Là, on juge des gens accusés de complicité. J'attends que justice soit faite. Je sais qu'ici c'est la loi des hommes qui règne et pas la loi de Dieu comme les terroristes ont voulu le faire entendre. Je fais confiance à la justice"."Je ne suis pas blessée, je n'ai pas été tuée. Mais je vivrai avec jusqu'à la fin de mes jours. Je me suis sentie impuissante. C'est l'impuissance qui est le plus dur à porter. Je me suis sentie très longtemps coupable. Au bout de deux ans, ça allait mieux. Suffisamment pour me rendre compte que ce n'est pas moi la coupable là-dedans. Les seuls coupables sont les terroristes islamistes et ceux qui les ont aidés. Et plus globalement, dans la société, ceux qui ferment les yeux sur l'islamisme et qui baissent leur froc devant une idéologie", conclut la dessinatrice.

"after the shots, there was silence, a silence of death"

D'une voix chargée de sanglots, Corinne Rey continue son terrible récit. "Les terroristes m'ont dit "On est Al-Qaïda au Yemen". Nous sommes montés au deuxième étage. Ils ont dit : "On veut Charb". J'étais dévastée, j'ai eu une pensée fulgurante pour ma petite fille. J'ai avancé vers le code, je l'ai tapé, je sentais que les terroristes approchaient de leur but; je sentais une excitation à côté de moi. là on m'a comme poussés à l'intérieur, j'ai avancé comme un automate, tout droit. "J'ai vu Simon [Fieschi, NDLR] à son bureau, et d'un coup j'ai entendu un tir, et j'ai vu Simon tomber de son siège. Je me suis encore baissée. J'ai couru vers le bureau de Riss pour me cacher dessous. Après les tirs j'ai entendu les terroristes dire "Allah Aqbar, on a vengé le prophète'". Je les ai entendus parler à Sigolène [Vinson, NDLR] : "Je te tue pas parce que t'es une femme". Après les tirs, il y a eu le silence, un silence de mort.""Je suis sortie de ma cachette. J'ai vu un homme à terre, avec beaucoup de sang, je ne l'ai même pas reconnu tout de suite. C'était Mustapha [Ourrad, NDLR]. Le sang était déjà comme une pâte, marron. Puis j'ai vu Franck [Brinsolaro, NDLR] à terre, dans beaucoup de sang aussi. J'ai vu l'étendue du massacre dans la rédaction. Quand j'ai vu Philippe [Lancon, NDLR], j'ai pensé : "Il n'a plus de visage". J'ai appelé sa mère, son frère. Patrick Pelloux puis les pompiers sont arrivés. Mon urgence à moi, c'était de prévenir mon conjoint et la crèche que je ne pourrais pas venir, qu'il y avait eu quelque chose de grave à mon travail."

Last moments of a normal writing life at Charlie Hebdo

"Le mercredi, c'était la réunion de rédaction. Tout le monde est là ce jour-là. Le 7 janvier, j'ai déposé ma petite fille à la crèche, j'ai acheté un paquet de gâteaux. J'ai pris le métro. J'ai croisé Fabrice Nicolino et Laurent Léger, on est montés ensemble. Il y avait déjà Angélique, Simon... Je me souviens avoir chambré Tignous parce qu'il était un peu en avance. Il y avait Charb qui dessinait à son bureau. Petit à petit les gens sont arrivés. Il y avait une ambiance très forte, joyeuse, on était contents de se retrouver. On a commencé à s'installer."Corinne Rey décrit la façon dont les membres de la rédaction et leurs invités étaient assis. "La réunion a commencé, nous avons parlé essentiellement du livre de Houellebecq et de ces jeunes qui partaient faire le djihad en Syrie." La réunion touche à sa fin, Coco décide de s'éclipser discrètement. "J'ai mis la main sur l'épaule de Tignous et je suis partie pour aller chercher Angélique [Le Corre, NDLR] et lui proposer d'aller fumer une cigarette avant de partir."Les deux femmes descendent. Et tout bascule. Les terroristes "ont surgi en appelant 'Coco, Coco" J'étais un peu stupéfaite. Deux hommes armés jusqu'aux dents avec des cagoules... Ça a été d'une fulgurance dingue. Un m'a immédiatement attrapée par le bras. Charb dessinait tellement bien les armes que je savais que leurs armes étaient des kalachnikovs. On a commencé l'ascension de l'escalier. En moi, une détresse absolue d'avoir ces deux hommes qui me menacent de leurs armes. J'ai poussé une porte et je me suis rendu compte que je n'étais pas au bon étage de la rédaction, j'étais en incapacité de réfléchir. J'ai dit "Pardon, pardon je me suis trompée d'étage", dit-elle en répétant le geste de protection qu'elle a fait ce jour-là, baissée, les mains sur la tête.

The cartoonist Coco on the stand

La dessinatrice de Charlie Hebdo Corinne Rey, surnommée Coco, témoigne à son tour. "Je suis arrivée dans le journal pendant mes études, pour un stage de dessin, en novembre 2007. Ça a duré un mois, j'ai rencontré l'équipe. Ça a été comme une révélation de voir des gens à la fois sérieux et déconnants, qui avaient un vrai regard sur le monde. Après mes études je suis revenue. De 2008 à 2015 j'ai été pigiste, j'ai progressé petit à petit, j'ai beaucoup appris en les observant, ils m'ont beaucoup apporté", raconte la jeune femme, veste kaki courte et jean.En 2011, elle est là lors de l'incendie dont est victime Charlie Hebdo. "Je me suis rendu compte du danger qu'on pouvait encourir en faisant simplement des dessins." En 2014, "Riad Sattouf est parti de la rédaction et on m'a proposé de reprendre son espace dans le journal. Ça m'avait donné des ailes, c'était une sacrée promotion", se souvient la jeune femme.

Memories of a happy life

Un avocat fait raconter à Catherine G. sa rencontre avec Frédéric Boisseau. "On s'est rencontrés dans le train. J'habitais dans l'Yonne, lui à Fontainebleau. On prenait le même train tous les jours sans jamais s'être rencontrés. Un soir, un monsieur me demande si la place d'à côté de moi est libre. Il me propose un Mars, j'accepte, de là on a commencé à discuter, mais on a oublié d'échanger nos numéros." Pendant les mois qui suivent, Frédéric Boisseau et Catherine G. se cherchent, mais ne se recroisent pas. Puis un jour, ils se retrouvent. "Et après on ne s'est plus jamais quittés. Au bout de 3 semaines, on faisait les agences immobilières pour trouver une maison. Ça a été très vite."La quinquagénaire parle brièvement de ses deux fils, l'un tout juste majeur, l'autre encore mineur. "L'aîné est en BTS, il travaille en alternance chez Sodexo, l'entreprise de Frédéric. Le plus jeune, passionné de boulangerie, est avec un compagnon qui l'a pris sous son aile. Ils adorent tous les deux ce qu'ils font."

Frédéric Boisseau "does not deserve to pass under silence"

"Je n'ai pas perdu seulement mon compagnon, c'est aussi un ami, c'est un tout. Il est ouvert, extrêmement gentil. Chez nous, il y a tout le temps plein de monde. C'était gai, ça riait. On était heureux quoi", raconte Catherine G., mêlant le présent et l'imparfait. "Mes enfants, ils n'ont pas eu leur papa longtemps, mais ils ont fait énormément de choses avec lui. Ça a été très dur mais ils ont avancé, aujourd'hui ils sont équilibrés.""J'habite dans un petit village, tout le monde nous connaît, tout le monde a fait bloc autour de nous. J'ai été arrêtée pendant deux ans et demi. La société de Frédéric m'a demandé ce qu'ils pouvaient faire pour moi, ils m'ont trouvé un travail à quelques kilomètres de chez moi", explique la quinquagénaire, chemisier rouge et veste kaki."Témoigner aujourd'hui, ce n'est pas important pour moi, c'est important pour Frédéric. Qu'on parle de lui, qu'on sache que c'est quelqu'un de bien qui s'est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment. Il ne mérite pas de passer sous silence. Chez nous, on parle de Frédéric tous les jours, jamais du 7 [janvier 2015, NDLR]. Il est avec nous", conclut le témoin, très digne. "Comme tous les autres, il ne méritait pas ça. Il ne méritait pas ça."

Frédéric Boisseau's wife at the bar

Le premier témoin de l'après-midi s'approche de la barre. Catherine G., 50 ans, était la compagne de Frédéric Boisseau et la mère de ses deux enfants. Le 7 janvier 2015, "c'était mercredi, j'étais à la maison parce que j'étais en 4/5e pour m'occuper des enfants. J'étais avec une amie. Mon portable sonne et c'était Jérémy. Il nous a dit "On nous a tirés dessus, Frédéric est blessé". Je lui dis : "Ta blague elle est pas marrante". Il me dit : "Non je t'assure, allume ta télé, tu verras". J'ai allumé la télé et ça parlait d'un attentat. Mon amie est allée chercher mes enfants, elle les a confiés aux parents de Frédéric. Je suis partie à Paris en train. A la gare de Lyon, un ami m'attendait", raconte Catherine G."On est partis rue Nicolas-Appert. Il y avait une salle pour les familles. Il fallait s'asseoir et attendre, et pour moi ce n'était pas possible." Catherine G. fait des allers-retours entre la rue Nicolas-Appert et l'Institut médico-légal. Sur les lieux de l'attentat, Catherine G. finit par dire à un policier : "Il faut que je sache, je ne partirai pas tant que je ne saurai pas où est Frédéric". Le policier m'a demandé des informations sur Frédéric, puis il m'a dit:"Je suis désolé, mais il fait partie des victimes". La seule chose à laquelle j'ai pensé, c'était mes enfants", continue le témoin. "Mon ami m'a ramenée en voiture. C'était très difficile d'annoncer aux parents de Frédéric, à nos enfants, qu'il était parti travailler à 4h30 le matin et qu'il ne reviendrait pas."

The hearing is resumed.

La cour fait son retour, le président annonce la reprise de l'audience.

The hearing is adjourned.

The hearing is adjourned., elle reprendra à 14 heures.

"I have no right to complain, I am alive"

Interrogé sur ce qu'il ressent, le témoin explique qu'il s'est senti en colère de voir que Frédéric Boisseau était «oublié» dans les victimes de l'attentat. Il évoque également sa «haine profonde» pour les terroristes.Jérémy G. estime que son entreprise, Sodexo, a été «très humaine» après les faits.«Ils ont été bienveillants, j'ai été bien entouré. On m'a laissé le temps. Je n'ai pas voulu retourner sur cet immeuble, le lot m'a été retiré.»«Le pire, c'est l'insomnie. [...] Je suis plus explosif, je peux partir au quart de tour. Je suis beaucoup plus vigilant qu'avant. Mais je n'ai pas le droit de me plaindre, je suis en vie. J'aime la vie, elle est belle la vie quand même», conclut le trentenaire.

"I closed Frédo 's eyes"

Le témoin raconte ensuite l'intervention des pompiers. "J'y croyais encore à ce moment-là. Mais quand j'ai touché la jambe de Frédo, elle était déjà froide... Puis j'ai entendu une voix féminine crier : 'C'est un carnage!' Les pompiers m'ont dit qu'ils ne pouvaient plus rien pour 'Frédo' et ils se sont tous précipités dans les étages. J'ai rassemblé les affaires de 'Frédo' et je lui ai fermé les yeux." Jérémy G. est évacué à l'Hôtel Dieu. "Je me suis dit qu'ils allaient venir nous finir à l'Hôtel Dieu. J'ai cherché un mur porteur, au cas où ils revenaient, que je puisse me dissimuler derrière." Il est emmené quai des Orfèvres pour faire sa déposition, et quitte les locaux vers 10 heures du soir."'Frédo' c'est lui qui m'a embauché. Puis on a développé une amitié, je connaissais sa femme, ses enfants, ses parents... On avait dix ans d'écart, il a eu ce côté grand frère avec moi. On était confidents, on se disait tout", ajoute Jérémy G. "Ce mercredi 7 janvier 2015, c'était le jour des retrouvailles, on était de nouveau dans la même équipe. Mais le destin en a voulu autrement..."

"my finger has entered the bullet hole"

Les frères Kouachi quittent ensuite les lieux. Le témoin reprend : "C'est là que j'ai entendu 'Frédo' crier : 'Jérémy je suis touché, appelle Catherine'. L'odeur du sang a très vite remplacé l'odeur de poudre. Le temps que j'arrive à lui - il avait été projeté - il y avait une flaque de sang. J'ai essayé de lui apporter les premiers secours. Puis j'ai pris mon téléphone, normalement ça se déverrouille très facilement mais mes mains étaient pleines de sang. Je me suis rappelé qu'il y avait Claude, je lui ai crié d'appeler les flics." Jérémy G. voit à nouveau les terroristes passer, avec la dessinatrice Coco. "Je me suis senti dans un état de vulnérabilité... Je me suis dit qu'il fallait qu'on se planque", se souvient-il. "J'ai traîné 'Frédo' dans les toutes petites toilettes de la loge et j'ai verrouillé la porte. Il m'a dit : 'J'ai chaud, j'ai froid, je vais crever'. J'ai essayé de joindre la police mais j'arrivais à joindre personne. Et ensuite j'ai entendu tous les coups de feu. Puis il y a eu un silence total. 'Frédo' m'a dit : "Dis à mes enfants que je les aime'. Son regard s'est figé. Plus tard, j'ai compris que c'était là qu'il était mort. J'ai pris 'Frédo' dans mes bras. Mon doigt est entré dans le trou de la balle". En entendant ce détail, une femme quitte son banc en s'étouffant. Un lourd silence pèse sur la salle depuis le début du témoignage, très fort, de Jérémy G.

"the smell of blood has replaced the smell of powder": a colleague of Frédéric Boisseau testifies

Jérémy G., 37 ans, s'avance à la barre. Il faisait partie de l'équipe de maintenance qui intervenait dans l'immeuble de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015. L'un des trois membres de cette équipe, Frédéric Boisseau, est mort sous les balles des frères Kouachi. "On est rentrés par la porte de parking. On devait faire du repérage technique. On a commencé par le sous-sol, puis on est remontés vers le rez-de-chaussée. On est arrivés sous un porche. Il y avait deux portes. On en a ouvert une, et là on est tombés sur une loge de gardien. On a commencé à s'asseoir sur le bureau présent dans cette loge, il y avait un ordinateur. 'Frédo' s'est assis, moi aussi", commence le témoin, crâne rasé, haut blanc, jean bleu."Et tout d'un coup, la porte s'est ouverte. Ça a fait comme un puits de lumière. on a juste eu le temps de lever la tête. Il y a un mec qui est rentré en criant "Charlie", et il a ouvert le feu. Il a tiré un seul coup dans notre direction. Au début j'ai pas vu que 'Frédo' était touché. Le canon fumait encore, je me souviens encore de cette odeur de poudre. Et là il s'est approché de moi et il a crié : "C'est où Charlie?" avec un regard noir déterminé. J'ai mis mes bras au dessus de ma tête pour me protéger. Je pense qu'il allait m'abattre. Je pense que ce qui m'a sauvé c'est que j'ai crié : "On est de la maintenance, c'est notre premier jour."

The hearing is adjourned.

Le président suspend l'audience «un quart d'heure».

"it smelled like powder"

Un nouveau témoin s'avance à la barre. Le français n'étant pas sa langue natale, il est autorisé par le président à consulter ses notes. «Le jour des attentats, je travaillais dans un bureau qui se trouve dans le même immeuble que Charlie Hebdo. Vers 11 heures du matin, quelqu'un sonne, j'ouvre la porte, c'était la factrice. Je l'ai laissée entrer. On s'est souhaité la bonne année. Je cherche un stylo sur une table, je me retourne et j'ai vu deux kalachnikovs sur moi. Les deux hommes sont rentrés silencieusement. L'un ressort immédiatement, l'autre reste, pointe son fusil dans ma direction en criant "Assis, assis". Il était calme. [...] Il a tiré un coup de feu à sa gauche. Ça sentait la poudre», raconte le témoin.«Ça laisse des traces. Les premiers mois ont été difficiles», souligne pudiquement l'homme à la barre, qui évoque comme le deuxième témoin «un fort sentiment de culpabilité». Parfois, il s'imagine en «super héros qui change la situation», sourit-il. Après les événements, il a fermé sa société, et travaille désormais comme intermittent du spectacle.

"it seemed to me to last forever"

Un ancien collègue du précédent témoin raconte à son tour les événements du 7 janvier. «J'étais avec Mme S. au rendez-vous commercial ce jour-là. Nous sommes montés sur le mezzanine. j'ai entendu un coup de feu, senti une odeur de poudre. Un individu cagoulé est monté. La personne a crié : "Où est Charlie Hebdo ?" puis est redescendue.» Quelques minutes plus tard, la fusillade éclate dans les locaux de Charlie Hebdo."it seemed to me to last forever", souligne le témoin.Comme les trois personnes qui ont témoigné plus tôt ce matin, le témoin a subi d'importantes répercussions dans sa vie personnelle. Il a lui aussi été licencié. «Au début, je ne croyais pas trop à l'impact psychologique. Et puis ça s'est dégradé tout doucement : l'hyper-vigilance, la fatigue, le fait de vouloir éviter la foule, la difficulté de concentration, le manque d'élan...» Il conclut : «Je me trouve complètement décalé par rapport à la société.»

"A man pointed a Kalashnikov to my head"

Troisième à s'avancer à la barre ce mardi matin, Mme S. était en rendez-vous dans les locaux de la Sagam, rue Nicolas-Appert, le 7 janvier 2015. «Nous avions rendez-vous à la Sagam à 11h. À peine installés, nous avons entendu des cris en bas, des coups de feu. J'étais dos à la porte, je me suis retournée. Un homme me braquait une kalachnikov sur la tête.»Réalisant leur erreur, les frères Kouachi font demi-tour. Quelques minutes plus tard, après la tuerie, ils repassent devant la Sagam. «Ils criaient : "On a vengé le prophète!"» Après avoir été secourue par les forces de l'ordre, Mme S. quitte les lieux. «Je me souviens avoir vu des civières, des vélos des policiers écrasés, un homme avec les jambes en sang.»«Le soir, j'ai été très entourée par mes proches. Mais le lendemain, je n'arrivais pas à effacer les images de la veille. J'ai eu ma première crise d'angoisse seule dans ma chambre d'hôtel», raconte le témoin. «À la suite des attentats, j'ai manifesté des syndromes de stress post-traumatique. Je n'arrivais pas à reprendre le cours de ma vie. Ce n'est pas revenu, mon employeur m'a proposé un licenciement que j'ai accepté.»

"I really thought I was dying"

Le deuxième témoin était aussi présent rue Nicolas Appert le 7 janvier 2015. «J'ai vu Patricia se jeter contre la porte, puis deux hommes entrer», raconte celle qui était directrice artistique. «L'un a demandé : '"Est ce que c'est Charlie, est-ce que c'est Charlie?"»L'un des frères Kouachi monte sur une mezzanine. «Je l'ai entendu monter, et je me suis dit quand il va redescendre ils vont tous nous tuer.» Puis les terroristes sortent en criant «Allah Akbar». Les employés appellent la police. Quelques minutes plus tard, ils entendent ce qui se passe dans les locaux de Charlie Hebdo. «Le temps est très long, très élastique, on a l'impression que ça dure très longtemps.»Elle aussi a été licenciée quelques temps après les faits. «J'ai des problèmes d'hyper-vigilance, j'ai du mal à me concentrer, j'ai plus la niaque. C'est difficile de repartir. Tous les jours, il faut se battre. J'ai peur du bruit, j'aime pas les gens qui crient. J'ai vraiment cru mourir», décrit le témoin, qui confie avoir «culpabilisé», même si «elle n'aurait rien pu faire». Elle a hésité à venir témoigner aujourd'hui devant la cour d'assises spéciale. «Je ne voulais pas parler parce que j’avais peur qu’onme tue. c'est irrationnel je sais...»

"the attack is like a scar"

Un premier témoin des événements du 7 janvier 2015 s'avance à la barre. Au moment des attentats, Patricia était employée de la Sagam, une société basée rue Nicolas-Appert (11e arrondissement de Paris). Sa voix, étouffée par son masque, est difficilement audible. Elle raconte sa matinée du 7 janvier 2015. Ce matin-là, debout près de la photocopieuse, la secrétaire voit «deux individus en noir avec des armes», qui seront identifiés comme Chérif et Saïd Kouachi. «Le plus grand a commencé à ouvrir la porte vitrée. Moi, j'ai repoussé la porte d'instinct.»Les frères Kouachi entrent, demandent s'ils sont chez Charlie Hebdo, puis où se trouvent les locaux du journal. Ils tirent par terre et sortent. «J'ai demandé qu'on ferme le rideau de la porte. Je pensais qu'ils allaient revenir. On s'est assis par terre. Quelqu'un a appelé la police. On voulait appeler Charlie Hebdo mais on n'avait pas le numéro», relate Patricia.Les mois qui ont suivi ont été difficiles pour le témoin. Après plusieurs arrêts de travail, elle a été licenciée. «À 58 ans, c'est difficile de retrouver un emploi.» Cinq ans et huit mois après les attentats, Patricia reste très marquée. «Je suis toujours hyper vigilante, c'est plus fort que moi, je suis obligée de contrôler. Je crois que ce sera toujours comme ça. L'attentat, c'est comme une cicatrice. Elle ne me gêne pas mais je la vois. Et si je commence à la gratter, elle me fait mal.»À la suite d'une question de son avocate, Patricia déclare : «Pour moi, ce sont des terroristes». Ali Riza Polat intervient. «On a quoi à voir avec Chérif et Saïd Kouachi? Vous êtes qui vous sans indiscrétion?» La salle bruisse de désapprobation. «On ne peut pas laisser des témoins se faire malmener comme ça. On ne peut pas parler sur ce ton quand on s'adresse à des parties civiles», tonne l'avocat général.

Ali Riza Polat's request for release denied

La cour rejette la demande de remise en liberté d'Ali Riza Polat, exposée hier après-midi, annonce le président. Le principal accusé, qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité, reste en détention provisoire.

The hearing is resumed.

Le président de la cour d'assises spéciale et ses quatre assesseurs font leur entrée. La cinquième journée du procès commence.

On the agenda today

Cette journée de mardi s'annonce elle aussi chargée en émotion. Après s'être prononcée sur la demande de remise en liberté du principal accusé, la cour d'assises spécialement composée entendra plusieurs parties civiles liées à la tuerie de Charlie Hebdo : survivants, témoins et proches des victimes.
Cet après-midi, la dessinatrice Coco, qui avait été forcée par les frères Kouachi à taper le code d'entrée de la rédaction le 7 janvier 2015, et l'ancienne chroniqueuse judiciaire Sigolène Vinson, épargnée par les terroristes, viendront notamment témoigner à la barre.

What happened yesterday

Lundi, l'ancien chef de la section antiterroriste de la brigade criminelle - chargée avec deux autres services de l'enquête sur les attentats de janvier 2015 - a passé la journée à la barre. Avec minutie, il est revenu sur le déroulement de l'attaque menée le 7 janvier 2015 par les frères Kouachi.
» Revivez la quatrième journée de procès
Au cours de son audition, plusieurs photos et vidéos de la tuerie de Charlie Hebdo et de l'assassinat du policier Ahmed Merabet ont été diffusées sur l'écran géant situé derrière la cour d'assises spéciale. Ces images, terribles, ont réduit la salle d'audience au silence.

Review of the start of the trial

» Mercredi
Revivez la première journée de procès
Enjeux, programme et spécificités du procès historique des attentats de janvier 2015
Attentats de janvier 2015 : la litanie des témoins au procès
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Attentats de janvier 2015 : parcours de voyous professionnels
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» Lundi
Revivez la quatrième journée de procès
Les images insoutenables de la tuerie de Charlie Hebdo

Welcome to this live

Ce mardi à 9h30 commence la cinquième journée du procès des attentats de janvier 2015. Welcome to this live et merci d'être avec nous pour suivre en direct cette audience, qui se tiendra comme chaque jour au palais de justice des Batignolles.

EN DIRECT - Attentats de janvier 2015:

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