La Corée du Sud met son premier satellite en orbite

  • Par kjhg

La Corée du Sud est entrée mercredi dans le club restreint des pays ayant réussi à mettre un objet sur orbite, rejoignant la Russie, les États-Unis, la France, le Japon, la Chine, la Grande-Bretagne, l'Inde, Israël, l'Iran et la Corée du Nord. La fusée sud-coréenne a décollé à 8h de la base de Naro, dans le sud du pays, avant de libérer neuf minutes plus tard le satellite scientifique STSAT-2C d'une centaine de kilos qui doit recueillir des données sur les radiations cosmiques. Le ministre des sciences Lee Ju-Ho a évoqué un «succès pour tout le peuple» sud-coréen.

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Le programme de développement de lanceurs spatiaux coréens KSLV (Korea space launch vehicule) s'en trouve complètement relancé. Les deux premiers échecs des fusées de conception russo-coréenne KSLV-1, en 2009 et 2010, avaient laissé des traces. Les Russes et les Sud-Coréens se rejetaient mutuellement la responsabilité de ces deux échecs. L'agence spatiale sud-coréenne, Kari, avait donc misé gros sur cette troisième et dernière tentative. Pour la Russie, il s'agissait également d'une des rares possibilités de tester son nouveau module de base CRM qui servira de premier étage aux fusées Angara, les futures remplaçantes du lanceur lourd Proton.

La Corée du Sud met son premier satellite en orbite

La Corée du Sud reste néanmoins la première gagnante. «En dehors du premier étage fourni par les Russes, les Sud-Coréens ont vraiment pris en charge l'intégralité du processus» décrypte Christophe Bonnal, experts des lanceurs au Cnes. «C'est une démonstration complète de leur savoir-faire.»

Une fusée entièrement sud-coréenne en 2021?

Fort de cette première réussite, le pays peut désormais se tourner vers l'avenir avec ambition. Le directeur de la Kari rappelait en 2012 l'objectif à atteindre: fabriquer à horizon 2021 une fusée de trois étages entièrement sud-coréenne capable d'emmener une charge utile de 1,5 tonne. Suffisant pour mettre en orbite la plupart des satellites courants: observation, météo et télécoms. «Cela répond à une volonté d'indépendance spatiale qui n'est pas nécessairement liée à une stratégie militaire», note Christophe Bonnal.

Les ambitions spatiales de la Corée du Sud avaient longtemps été entravées par la crainte de son allié américain qu'elles n'alimentent une course à l'armement sur la péninsule coréenne. La Corée du Nord, pourtant isolée et ruinée, a d'ailleurs réussi à mettre sur orbite son premier satellite le 12 décembre dernier, devançant de peu l'ennemi juré.

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