Un service de prêts sur gages s'installe (bientôt) à Rennes

  • Par kjhg

Présentes dans 18 grandes villes de France avec une cinquantaine d’agences réparties sur tout le territoire, les caisses de crédit municipal boudaient jusqu’à présent Rennes et la Bretagne. Une anomalie en passe d’être corrigée avec l’ouverture en septembre d’une antenne du Crédit municipal de Nantes dans la capitale bretonne, quartier Saint-Hélier.

Vieille de plus de 200 ans dans la Cité des Ducs, cette institution, plus connue sous le nom de mont-de-piété ou « Chez ma tante », a vu le jour au début du XIXe siècle sur décret de Napoléon. Objectif : « répondre aux besoins de liquidités des plus modestes qui étaient la proie des usuriers à cette époque », explique Jean-François Pilet, directeur général du Crédit municipal de Nantes.

Des bijoux, de l’or ou du vin échangés contre de l’argent

D’ici quelques mois, les Rennais pourront donc découvrir le prêt sur gage, une méthode de financement consistant à déposer un objet en échange d’un crédit recouvrant environ 80 % de la valeur de l’objet. « Contrairement à une banque classique, nous nous adressons à tout le monde, sans conditions de ressources, et le prêt est immédiat », argumente Jean-François Pilet.

Un service de prêts sur gages s'installe (bientôt) à Rennes

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La durée du prêt est de six mois à deux ans, renouvelable dans certains cas, avec des taux d’intérêt modérés pour le remboursement. Dans la plupart des cas, ce sont des bijoux, de l’or, des grands crus de vin, des œuvres d’art ou même des instruments qui sont déposés par les clients, expertisés puis échangés contre du numéraire. « C’est plus compliqué avec les téléphones ou le multimédia car cela perd très vite de la valeur », souligne le directeur général.

L’objet vendu aux enchères si le prêt n’est pas remboursé

Si le prêt n’est pas remboursé à temps ou si l’objet n’est pas récupéré, celui-ci est mis aux enchères. « Si la vente dépasse les sommes dues par l’emprunteur, nous lui restituons la différence. Nous ne sommes pas là pour faire de l’argent sur le dos des personnes. Nous répondons à une mission sociale », indique Jean-François Pilet.

En 2017, le Crédit municipal de Nantes et ses antennes de Tours et de Nantes ont vu passer près de 9.000 clients. Parmi eux, 15 % de Bretons qui n’hésitent pas à faire des kilomètres pour obtenir un prêt sur gage. « Le prêt moyen pour les Bretons est de 1.300 euros alors qu’il est en moyenne de 600 euros pour nos clients. Quand ils viennent, les Bretons ne se déplacent pas pour rien. Cela prouve bien qu’il y a un réel besoin de proximité pour ce service ».

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