Elle a gardé le silence pendant 12 jours : pour Ghislaine Maxwell, l'heure de vérité est arrivée

  • Par kjhg

Pour Ghislaine Maxwell, l’heure de vérité est arrivée. Après douze jours de combat, parfois très rude, entre les procureurs et la défense de l’ex-compagne de Jeffrey Epstein, les deux parties ont annoncé au juge Alison Nathan qu’elles en avaient terminé. Ce lundi 20 décembre, dans une ultime tentative de convaincre les douze jurés, procureurs et avocats de la défense vont présenter leurs arguments pour Ghislaine Maxwell et contre elle. Mardi, le jury devrait se retirer pour délibérer après avoir reçu les instructions du juge.

Que pourrait-on retenir de ces douze jours ? Depuis l’ouverture du procès, le 29 novembre, dans le tribunal de Manhattan, on se demandait si Ghislaine Maxwell allait accepter de témoigner et donc de se soumettre aux questions du procureur, une décision toujours risquée dans un procès criminel. Vendredi, le suspense a pris fin lorsque le juge Alison Nathan a demandé à Ghislaine Maxwell si elle souhaitait prendre la parole. «Le gouvernement n’a pas apporté de preuve sans possibilité de doute, il n’y a donc aucune raison que je prenne la parole», a affirmé la détenue la plus célèbre des États-Unis faisant référence à la loi qui impose, pour condamner, que les preuves de la culpabilité aient été apportées sans qu’il y ait la possibilité d’un doute.

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Elle a gardé le silence pendant 12 jours : pour Ghislaine Maxwell, l'heure de vérité est arrivée

Le procès qui devait durer six semaines devrait être clos dans quelques heures. L’accusation a fait témoigner anonymement quatre jeunes femmes qui affirment avoir été victimes de Jeffrey Epstein et avoir été recrutées par Ghislaine Maxwell. La défense n’a pris que deux jours pour présenter ses arguments.

Elle n’a pu empêcher la présentation de photos du couple que l’on dirait sorties d’un album de famille, saisies lors du raid du FBI dans l’hôtel particulier d’Epstein à Manhattan, avec des centaines d’autres jeunes femmes et d’adolescentes, plus ou moins dévêtues. Laura Menninger, l’un des avocats de Maxwell, a essayé de convaincre le juge de ne pas autoriser la présentation de ces images. En effet, ces photos ressemblent à de banales de photos de couple dans des moments d’intimité de la vie quotidienne alors que la défense s’est acharnée à démontrer que Ghislaine Maxwell était elle-même la victime d’un manipulateur. L’un des procureurs, Alison Moe, a expliqué qu’au contraire, ces images prouvaient que Maxwell était plus qu’une banale employée d’Epstein. Un des clichés, présenté au jury, mais pas rendu public, montrait les deux amants nageant nus.

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Mais, surtout, le procès a révélé l’incroyable cruauté du couple, et notamment de cette femme, qui se comportait comme le majordome de toutes les résidences d’Epstein, à l’encontre de tous ceux qui étaient à leur service. L’un des premiers jours du procès, un agent du FBI a lu une note de Ghislaine Maxwell s’agaçant : «John doit comprendre qu’il fait un travail déplorable», en énumérant six raisons pour lesquelles, selon elle, Juan Alessi, l’un des employés, ne travaillait pas selon ses critères. Son crime : il n’y avait pas assez d’eau minérale ni de stylos dans la «Merc» - Mercedes – et les «crèmes de massage dans la salle de bain sont en pagaille».

Pour mettre tout le personnel au pas, Ghislaine Maxwell avait organisé un séminaire dans le ranch d’Epstein au Nouveau Mexique. Les instructions étaient d’une grande minutie. Par exemple, dentifrice et mousse à raser devaient toujours être à moitié plein, les boîtes de Kleenex devaient être remplacées lorsqu’elles étaient vides aux deux-tiers, les lames de rasoir devaient être changées après chaque utilisation ; la mousse à raser, le baume à lèvres, la crème hydratante devaient être de la marque Kiehl’s ; la crème solaire, de Peter Thomas Roth et les brosses à cheveux de Mason Pearson. Au bas de la liste des instructions figurait un espace pour que l’employé puisse signer, confirmant sa compréhension des règles de la maison Epstein-Maxwell. Juan Alessi, le maître d’hôtel, a rappelé au jury que la règle était qu’il ne devait «rien voir, rien entendre, ne rien dire sauf pour répondre à une question qui (leur) est directement posée».

Pendant trois semaines, les jurés ont beaucoup vu et entendu, mais sont restés silencieux jusqu’à présent. Dans quelques heures, ils auront la parole et «Lady Ghislaine» sera fixée sur son sort.

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