Attentat raté près de Notre-Dame : la principale accusée voulait mourir

  • Par kjhg

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Ce live de la dixième journée d'audience du procès dit «des bonbonnes» se termine. Merci de nous avoir suivis.Vous pouvez retrouver tous nos contenus portant sur ce procès dans un dossier spécifique disponible sur le site du Figaro. Bon week-end et à lundi pour une nouvelle journée d'audience !

L'audience est suspendue

Le président annonce la suspension de l'audience. Rendez-vous lundi à 9h30 pour la reprise.

Mohamed Lamine Aberouz «ne se reconnaît pas» dans le rapport de l'expert

Dernier cas abordé par le psychologue : celui de Mohamed Lamine Aberouz, 26 ans. Soupçonné d’être le «guide spirituel» de Larossi Abballa, le tueur d’un couple de policiers à Magnanville, ainsi que de Sarah Hervouët, dont il est très proche, il est jugé pour «non dénonciation de crime terroriste».>> Lire notre article - Procès de l’attentat raté près de Notre-Dame: qui sont les accusés ?Chez l'accusé, l'expert n'a noté ni «trouble», ni «pathologie psychologique». Il a en revanche relevé «une attitude défensive». Dans le box, Mohamed Lamine Aberouz écoute attentivement le psychologue, qui après cinq heures et demi d'audition a toujours autant de mal à parler dans le micro.

Mohamed Lamine Aberouz se lève et prend la parole. Il revient sur plusieurs points du rapport de l'expert, affirmant à chaque fois : «C'est totalement faux». «Honnêtement, quand j'ai lu son expertise... C'est pas moi. Je ne me reconnais pas là-dedans», conclut l'accusé, qui a demandé, en vain, une contre-expertise.

Amel Sakaou «sur la défensive» lorsque l'expert a abordé les faits avec elle

Le président explique à l'expert qu'Amel Sakaou n'est pas présente. «On peut la forcer à quitter la maison d'arrêt, mais on ne peut pas la contraindre à assister à son procès», précise Laurent Raviot.Le psychologue retrace la vie d'Amel Sakaou, déjà abordée lors des premier et neuvième jours du procès.>> Revivez notre live - Attentat raté de Notre-Dame : les personnalités des accusés au cœur de la première journée«Lors de notre entrevue, Amel Sakaou parlait normalement, mais les choses se sont fermées lorsque nous avons abordé les faits, elle était sur la défensive», déclare l'expert à la suite d'une question du président.L'avocate générale s'étonne que l'expert n'ait pas noté la «rigidité» de l'accusée, qui refuse obstinément de comparaître. «Je suis passé à côté de cette rigidité», admet l'expert. Le président vole son secours : «Peut-être que cette rigidité est venue plus tard, lorsque le juge a contre-indiqué les visites en prison des enfants d'Amel Sakaou». «C'est très probable», répond le septuagénaire.

La personnalité de Sarah Hervouët caractérisée par «l'errance»

«Sarah Hervouët a elle aussi une situation familiale compliquée», déclare le psychologue, qui rappelle que son père Patrick Hervouët n'est pas son père biologique, et que lorsqu'elle a retrouvé ce père «de sang», les choses se sont mal passées.L'expert souligne que l'accusée a pris comme surnom sur les réseaux sociaux «Oum Marie-Antoinette». La jeune femme a expliqué il y a quelques jours que ses amis la surnommaient parfois ainsi parce qu'elle coiffait souvent ses longs cheveux en chignon.L'expert a noté que l'accusée n'avait «pas de trouble de la personnalité», mais que sa personnalité était «caractérisée par l'errance, la quête d'idéal» - ce qui explique qu'elle soit «très influençable», comme l'ont répété ses proches mercredi.>> Revivre notre live de mercredi - Attaque au couteau de policiers : les proches de Sarah Hervouët clament qu'elle a été endoctrinéeTout en assurant ne pas reprocher ce fait à l'expert lui-même, l'avocat de Sarah Hervouët se plaint que le psychologue n'ait vu l'accusée qu'«une heure et demie», alors que cette dernière sortait de six mois d'isolement. «Sarah Hervouët risque perpète», insiste Me Hazan.

L'audience reprend

Le président annonce la reprise de l'audience. Il reste trois rapports.

L'audience est suspendue

Le président suspend l'audience pour «une bonne dizaine de minutes».

Ornella Gilligmann, l'«extravertie»

«Avec Ornella Gilligmann, on change de registre. Il y avait une dimension introvertie chez Inès Madani; Ornella Gilligmann est plutôt extravertie», déclare l'expert. «Elle a une personnalité normale, elle n'a pas de troubles.» Dans le box, l'accusée se penche régulièrement vers ses avocates pour leur parler.Les parents de la jeune femme ont divorcé très tôt. Elle et son frère ont été placés dans une famille d'accueil pendant environ six mois. Ornella Gilligmann n'a que très peu connu son père. Sa mère a entretenu des relations avec plusieurs hommes. De cette dernière, l'accusée dit qu'elle était «comme une sœur», note le psychologue. Ornella Gilligmann est mariée, mère de trois enfants, deux filles et un garçon. Tous ses accouchements ont été difficiles, voire «cataclysmique» pour le dernier, continue l'expert. Elle fait alors une dépression. Ses relations avec son mari sont compliquées.En surfant sur Internet, Ornella Gilligmann entre en relation avec un certain «Abou Junayd», en réalité Inès Madani, dont elle tombe amoureuse. L'expert relate le parcours de la jeune femme en septembre 2016.Me Cosima Ouhioun, avocate d'Ornella Gilligmann, prend ensuite la parole pour interroger l'expert. Elle lui fait remarquer que de nombreux passages de ses rapports sur les accusés sont identiques. «Mes rapports font trente pages, et parfois, les accusés sont dans la même situation», se défend le psychologue. Le ton monte entre l'avocate et l'expert. «Dans vos rapports, vous dites de chaque accusé qu'il est hystérique, sauf un. De qui s'agit-il?», interroge la jeune femme. «Mohamed Lamine Aberouz [le seul homme, NDLR]», répond le septuagénaire. «Pour vous, toutes les femmes sont hystériques ?» demande Me Ouhioun. L'expert se défend, et finit par lâcher un : «C'est charmant, les femmes hystériques!». «Il y a de quoi remettre en question la crédibilité de vos analyses», assène Me Ouhioun. Le président appelle au calme.La parole revient enfin à Ornella Gilligmann, qui se lève et d'une voix tremblante, assure qu'elle «culpabilise beaucoup» de tout ce qui s'est passé, mais qu'elle ne se considère pas pour autant comme une «victime».Malgré de nombreuses interventions de l'huissier et du président, l'expert ne parle toujours pas dans son micro, et il est donc très difficile d'entendre ce qu'il raconte. Heureusement, le président résume : «Ce que j'ai retenu, c'est d'un côté des difficultés d'identité chez Inès Madani, liées à ses origines ainsi qu'à sa singularité dans sa fratrie, et d'un autre côté un rapport à la mort très particulier.» Des points déjà longuement évoqués lors des premier et troisième jour de ce procès.>> Retrouvez le live du Figaro de la journée consacrée à Inès MadaniLe président évoque ensuite le fait que sur les réseaux sociaux, Inès Madani s'est fait passer pour un homme à de multiples reprises. «Elle n'est pas féminine du tout, elle n'est ni homme ni femme, elle n'est pas située», déclare l'expert, avant de se lancer dans une longue démonstration «un peu éloignée du cas d'Inès Madani», note le président.

Samia Chalel «sidérée» en apprenant qu'«Abou Junayd» était en fait Inès Madani

Un psychologue de 74 ans s'avance à la barre. Il a réalisé des expertises sur six des accusés : Inès Madani, Ornella Gilligmann, Sarah Hervouët, Amel Sakaou, Samia Chalel et Mohamed Lamine Aberouz. Le président lui demande de commencer par Samia Chalel.Jugée pour association de malfaiteurs terroriste criminelle, la jeune femme est entre autres accusée d’avoir créé un compte Facebook au faux «Abou Junayd», en réalité Inès Madani, d’avoir joué les intermédiaires entre Inès Madani et Rachid Kassim, et surtout d’avoir participé de manière «déterminante» à la réunion d’Ornella Gilligmann, Inès Madani et Amel Sakaou à Boussy-Saint-Antoine. Samia Chalel pourrait écoper de 30 ans de prison.>> Lire notre article - Procès de l’attentat raté près de Notre-Dame: qui sont les accusés ?Née en Algérie dans une famille de cinq enfants, Samia Chalel est aujourd'hui âgée de 26 ans. Selon l'expert, la jeune femme a une particularité «qui va faire le lit de la situation dans laquelle elle va s'engager avec “Abou Junayd”, rencontré sur Internet» : un angiome à droite du visage. «Elle dissimule sa tache avec ses cheveux ou du maquillage, refuse les emplois où il faudrait qu'elle attache ses cheveux... Cet angiome la gène.» Dans le box, Samia Chalel écoute attentivement le psychologue. Ses cheveux bouclés couvrent effectivement les côtés de son visage.«Samia Chalel reconnaît les faits qui lui sont reprochés mais prétend n'avoir rien à voir avec la religion - c'est le point fuyant de son discours - et n'avoir jamais voulu aller en Syrie. La révélation de l'identité féminine “d'Abou Junayd” a eu pour elle un effet sidérant. Elle s'est dit, incrédule, qu'elle était tombée amoureuse d'une femme», note l'expert. «Un accompagnement psychothérapeutique est particulièrement conseillé.»

L'audience reprend

La cour fait son retour salle Voltaire. «L'audience est reprise», annonce le président Laurent Raviot.

L'audience est suspendue

Le président suspend l'audience. Elle reprendra à 14h15 avec l'audition d'un psychologue ayant réalisé des expertises sur InèsMadani, Ornella Gilligmann, Sarah Hervouët, Amel Sakaou, Samia Chalelet Mohamed Lamine Aberouz.

Inès Madani «aurait préféré» que le policier lui «tire dans la tête»

Inès Madani se lève pour s'exprimer à son tour. Elle est interrogée successivement par le président, les assesseurs, le ministère public, l'avocat de Sarah Hervouët, son propre avocat. Elle répond souvent : «Je ne sais pas, je ne me souviens plus.» Questionnée par le président sur son attitude, ainsi que celle d'Amel Sakaou, envers Sarah Hervouët, Inès Madani confirme qu'Amel Sakaou et elle étaient «très méfiantes dès le début, et même avant que Sarah Hervouët n'arrive». En revanche, entre Amel Sakaou et elle-même, «il y a tout de suite eu de la confiance». La jeune femme affirme qu'elle n'avait «pas le courage de se rendre». «Rachid Kassim me disait que je ne pouvais plus faire marche arrière, que j'allais passer ma vie en prison, donc autant mourir.» «Autant mourir en tuant?», insiste l'avocate générale. «Pas forcément», dit Inès Madani, mal à l'aise.L'accusée est également interrogée sur les cocktails Molotov retrouvés dans l'appartement de Boussy-Saint-Antoine. Pourquoi les trois femmes ne s'en sont-elles pas servi, veut savoir le président ? «On n'avait pas encore d'idée», déclare Inès Madani.Questionnée sur l'attaque au couteau de l'homme au volant de la camionnette blanche, Inès Madani répond : «Tout s'est passé extrêmement vite. On n'a pas réfléchi. Si on avait réfléchi, on aurait réalisé qu'on faisait n'importe quoi !»Après avoir pris la fuite, l'accusée est interpellée par un policier, qui la blesse. «J'aurais préféré qu'il me tire dans la tête. À cette époque, je voulais mourir. On le voulait toutes.»

Sarah Hervouët : «Amel Sakaou dit ce qu'elle veut»

Le président interroge Sarah Hervouët sur la version des faits présentée par Amel Sakaou lors de ses auditions. «Amel Sakaou dit ce qu'elle veut. Chacun sa version», glisse l'accusée, dont la mère est encore une fois présente dans la salle.«Comme je vous l'ai déjà dit hier, Inès Madani et Amel Sakaou avaient l'air de s'entendre normalement; moi, j'étais à part», continue Sarah Hervouët. «Amel a reçu un coup de téléphone, mais je ne savais pas qui c'était. À la fin de l'appel, elle a dit :“Allez on y va.” On est sorties toutes les trois.»Le président demande à la jeune femme de revenir sur la «légère différence» qu'elle a faite hier entre Amel Sakaou et Inès Madani. «Je n'essaye pas de passer de la pommade à l'une ou à l'autre», prévient l'accusée, avant de confirmer que c'était Amel Sakaou qui lui avait «le plus parlé».«Pourquoi les cocktails Molotov confectionnés avec des bouteilles de Schweppes n'ont-ils pas été descendus lorsque vous sortez de l'appartement?», demande Me Joseph Hazan à sa cliente. «On n'avait pas de projet établi, on est sorties sous le coup de la précipitation», répond Sarah Hervouët, avant de se rasseoir.

Le couteau d'Amel Sakaou devait servir à «cueillir des orties»

En l'absence de la principale intéressée, qui refuse de comparaître depuis le début du procès, le président Laurent Raviot évoque les éléments du dossier concernant Amel Sakaou. Aujourd'hui âgée de 42 ans, cette dernière a déjà été condamnée deux fois, pour des affaires sans lien avec le terrorisme. Elle a tenté à quatre reprises d'envoyer de l'argent en zone irako-syrienne.Sur le compte Facebook d'Amel Sakaou, plusieurs photos en lien avec la cause palestinienne ont été retrouvées. Sur Telegram, il apparaît que l'accusée est abonnée à trente chaînes, dont douze en «secret chat». Trois de ces dernières sont identifiées comme des chaînes de propagande de l'EI, dont «Sabre de Lumière», administrée par Rachid Kassim.Le président en vient aux événements du 8 septembre. Ce jour-là, Amel Sakaou ordonne à sa fille aînée d'aller récupérer ses petites sœurs à l'école et de les emmener chez leur grand-mère. Plus tard, la fille aînée appelle sa mère et la prévient d'une forte présence policière à la gare de Boussy-Saint-Antoine. C'est cette conversation qui a probablement précipité la sortie de l'appartement d'Amel Sakaou, Inès Madani et Sarah Hervouët, juste avant l'attaque au couteau sur le parking.En garde à vue, Amel Sakaou affirme que ce 8 septembre 2016, elle est sortie avec un couteau «pour cueillir des orties». Plus tard, elle assure être victime «d'une grosse amnésie» et invoque son droit au silence. Elle déclare également qu'elle a «trouvé» Inès Madani et Sarah Hervouët en bas de chez elle, et qu'elle leur a seulement proposé de les héberger.

Une sœur d'Amel Sakaou condamnée pour avoir apporté un portable en prison

Lilia S., la plus jeune sœur d'Amel Sakaou, s'avance à la barre. «Amel, c'est une personne formidable, elle s'occupe très bien de ses enfants, elle a bon cœur», déclare-t-elle.La jeune femme a été «un peu étonnée» qu'Amel Sakaou se mette soudainement à porter le jilbeb. «Mais c'était son choix, on l'a respecté», souligne-t-elle, affirmant par ailleurs qu'elle n'était pas au courant d'un possible départ de l'accusée en Syrie. En septembre 2016, lorsqu'elle a appris ce qui s'était passé, Lilia S. était «choquée, anéantie». «Je n'y croyais pas», insiste-t-elle. Le témoin ne sait pas pourquoi sa sœur refuse aujourd'hui de comparaître. Le président relève que Lilia S. a été condamnée à de la prison avec sursis pour avoir apporté un téléphone portable à sa sœur en détention. Désormais, elle ne va plus voir Amel en prison.

La mère et une sœur d'Amel Sakaou absentes

Le président annonce que la cour n'a pas de nouvelles de la mère et d'une des sœurs d'Amel Sakaou, qui devaient déjà être entendues hier. Il décide donc de lire leurs témoignages.Sakina B., épouse Sakaou, est mariée et a six enfants. Amel Sakaou est la deuxième. La mère de famille se trouvait en Algérie lorsqu'elle a été prévenue de l'arrestation de sa fille; elle est alors rentrée précipitamment en France. Elle se dit «choquée» que sa fille soit impliquée dans une affaire de terrorisme. Elle affirme qu'Amel ne lui a jamais parlé d'un possible départ en Syrie. Elle a rendu visite à l'accusée en prison.Hadia Sakaou, 44 ans, est la sœur aînée d'Amel Sakaou. Elle a quatre enfants. «Pas très proche» de l'accusée, elle assure que cette dernière était «beaucoup sur Facebook». Hadia affirme qu'Amel ne lui a parlé que «vaguement» de Daech, sans jamais donner son avis sur cette organisation. Comme sa mère, la quadragénaire a été «choquée» de l'interpellation de sa sœur. «On n'a pas compris. Je n'aurais jamais cru qu'Amel était capable de ça.»

En prison, Inès Madani est placée en isolement

Le président interroge Inès Madani sur ses conditions de détention à Beauvais, ainsi que sur ses quelques passages à Fresnes et à Lille pour raisons médicales. Elle est classée «détenue particulièrement surveillée». Elle a la particularité d'être à la fois en détention provisoire, dans le cadre de cette affaire dite «des bonbonnes», et en exécution de peine, puisqu'elle a été condamnée en avril dernier à huit ans de prison pour «association de malfaiteurs terroriste».>> Lire notre article - Procès de l’attentat raté près de Notre-Dame: qui sont les accusés ?Placée en isolement la plupart du temps, ce qui l'empêche d'accéder aux activités proposées par la prison, la jeune femme de 22 ans suit des cours de remise à niveau par correspondance. Le rapport de la prison de Beauvais note une altercation avec une co-détenue. Inès Madani reçoit régulièrement des visites de sa famille, qui lui envoie de l'argent, ainsi que d'un imam. Elle bénéficie d'un suivi psychologique et psychiatrique.Me Laurent Pasquet Marinacce interroge sa cliente sur la façon dont la famille de cette dernière vit sa détention. «Pour ma famille, c'est difficile. C'est moi qui suis en prison, mais ils sont aussi en prison, d'une certaine façon. Ils souffrent... par rapport aux regards des gens, aux remarques, aux menaces qu'ils ont pu recevoir», déclare Inès Madani.

L'audience reprend pour de bon

La cour fait son retour. L'audience commence.

L'audience reprend et est immédiatement suspendue

Le président annonce la reprise de l'audience, puis quelques secondes plus tard, sa suspension. Comme tous les jours, l'accusée Amel Sakaou refuse en effet de venir salle Voltaire. L'huissier doit donc lui notifier son obligation de comparaître.

Le programme du jour

Ce matin, un ou deux témoins liés à Amel Sakaou, parmi ceux qui étaient absents hier, devraient venir témoigner devant la cour d’assises spéciale de Paris.Le programme prévisionnel prévoyait d’entendre Amel Sakaou, mais cette dernière refuse de comparaître; la cour va donc interroger deux autres accusées, Inès Madani et Sarah Hervouët, à son sujet.
Cet après-midi, un psychologue viendra parler des expertises réalisées sur six des accusés : Inès Madani, Ornella Gilligmann, Sarah Hervouët, Amel Sakaou, Samia Chalel et Mohamed Lamine Aberouz.

Le résuméde la journée d’hier

Ceneuvième jour du procès dit «des bonbonnes» restera gravé dans les mémoires.Tout a commencé normalement : comme prévu, Sarah Hervouët, accusée d’avoirpoignardé un policier en civil le 8 septembre 2016, est longuement interrogéepar la cour d’assises spéciale de Paris. Pendant plus de quatre heures, la jeune femme de 26 ans revient sur sesdifficultés familiales, son attirance pour l’Islam, sa conversion, sa tentativede départ en Syrie «pour fonder une famille et aider les gens», ses projets demariage avec plusieurs hommes radicalisés...En septembre 2016, Sarah Hervouët demande à Rachid Kassim ce qu’elle peut faire«pour aider la communauté musulmane». Mais elle échoue à prendre en otage et/ouassassiner le maire de sa ville de Cogolin. «Les égorgements, ce n’était pastrop son truc», déclare-t-elle à l’audience. Rachid Kassim lui propose donc derejoindre des «sœurs» qui préparent un attentat. Dans l’Essonne, elle rencontre Inès Madani et Amel Sakaou. Le 8 septembre, letrio sort de l’appartement de cette dernière à Boussy-Saint-Antoine. InèsMadani et Amel Sakaou incitent Sarah Hervouët à «s’occuper» d’un homme auvolant d’une camionnette. Elle le poignarde, sans savoir, dit-elle, qu’ils’agit d’un policier en civil. «Mon cerveau était déconnecté, je neréfléchissais plus. Je n’ai pas pensé à le tuer, j’ai visé ce qu’il y avaitdevant moi», tente-t-elle d’expliquer.Peu avant 14 heures, Me Joseph Hazan est en train d’interroger sa clientelorsque un message d’alerte le coupe dans son élan. «Message important : uneagression s'est produite à la préfecture de police. La situation est maîtrisée.Le secteur Cité reste sous surveillance.» Quelques minutes plus tôt, unagent de la préfecture de police a en effet attaqué des collègues au couteau,causant la mort de plusieurs personnes.>> Lire notre article - Attaque au couteau à la préfecture de police deParis : ce que l'on saitÀ 14h30, le président suspend l’audience. L’île de la Cité est bouclée.Certains décident de rester dans l’enceinte du Palais, d’autres de quand mêmesortir déjeuner. Un peu plus d’une heure plus tard, ces derniers rentrent àgrand-peine dans la zone... Et seuls deux anciens compagnons d’Amel Sakaou sontentendus, les autres témoins n’étant jamais arrivés. Habeb H., compagnon de l’accusée de 2006 à 2015, décrit une femme «instable»qui avait fait de la religion «sa priorité», au point de «délaisser safamille». Celui qui s’occupe de trois des filles de l’accusée - il n’est que lepère de la dernière - en a beaucoup voulu, et en veut encore, à son ex-compagnede faire passer l’Islam avant ses filles. Au point de refuser de comparaître. «Sielle était préoccupée par autre chose (que sa religion, NDLR), notamment sesenfants, peut-être qu’elle serait là pour discuter», conclut amèrement lequadragénaire.>> Revivez notre direct

Bienvenuesur ce live

Bonjouret bienvenue sur ce live du Figaro. Ce vendredi, nous suivrons en direct ladixième journée du procès dit «des bonbonnes». Le verdict de la cour d’assisesspéciale de Paris est attendu mi-octobre, à l’issue de plus de trois semainesde procès.

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